«Un pauvre crie; le Seigneur entend.» (Ps 33, 7) est la citation biblique que le Pape François a retenu pour cette journée mondiale du pauvre, la deuxième. Il nous invite à entrer dans un mouvement en trois temps « crier » (écouter le pauvre) répondre (nous faire proche des situations) et libérer (trouver des réponses concrètes adaptées pour aider les sœurs et frères dans ces situations).

La Famille Vincentienne en France, c’est une quinzaine de congrégations et associations dans les pas de Saint Vincent de Paul qui au XVIIème siècle, a mis en œuvre une dynamique de charité encore présente aux multiples pauvretés de  notre société. Depuis maintenant 3 ans ils ont pris l’habitude de se retrouver 2 fois l’an pour échanger sur leurs diverses activités, s’informer des nouvelles dynamiques qui les anime et ouvrir des démarches communes. Ils viennent de réaliser une carte pour visualiser leur présence sur le territoire national. Ils sont  acteurs dans des services de proximité (personnes âgées, enfants en difficultés, sans abris et les migrants), dans des institutions de santé (centre de post-traitements, maisons de retraite –EHPAD-, maisons d’enfants à caractère social-MECS-) et dans des établissements d’enseignement (écoles, collèges et lycées techniques).

Notre famille regroupe les Equipes de Saint Vincent de Paul-AIC France, quelques 2000 femmes en 90 équipes développent des actions en direction des femmes ou des enfants : soutien scolaire, cours de français et de multiples initiatives invitant les personnes reçues à développer leur esprit d’initiatives, certaines aident des familles lors des visites auprès de leurs enfants en centre de détention.

Les Filles de la Charité de la Province Belgique-France-Suisse regroupent 75 communautés. Toutes données à Dieu, elles le servent dans les personnes en situation de précarité. Elles portent le souci de la formation au charisme vincentien des laïcs qui assurent les services qu’elles leur ont confiés dans le domaine éducatif, sanitaire et social. Aujourd’hui, elles collaborent également avec diverses associations caritatives et sociales. En toutes circonstances, elles veillent à un service intégral de la personne humaine, particulièrement, des plus démunis. Nous avons les sœurs de l’Union Chrétienne toute données à l’éducation des jeunes. Les sœurs de Jeanne Antide Thouret qui développent divers services auprès de personnes en difficulté sociale et de migrants. Les sœurs de Strasbourg qui ont mis en place un réseau de plus de 2000 salariés en établissements de santé. Sans oublier les sœurs de Gethsémani présentes dans l’accompagnement de jeunes et de familles pauvres en France et dans quelques pays africain.

Les Confrères et consœurs de Saint Vincent, quelques 17000 personnes dans plus de 90 départements déploient divers services auprès de personnes fragiles : partageant les compétences par des tables ouvertes pour aider à retrouver des emplois, créant des ateliers théâtres pour redonner confiance et  promouvant de multiples initiatives qui redonnent à chacun de repartir dans la vie.

Les congrégations masculines des pères lazaristes et des religieux de saint Vincent, en plus petit nombre proposent des services d’accueil de jeunes étudiants, des locaux qu’ils mettent au service des personnes en  réinsertion sociale avec habitat et Humanisme (Amiens), l’APA (Paris) et IDEFORIS (Dax) et déploient aussi des actions auprès de jeunes sans grandes ressources ainsi que des activités dans des centres de jeunesses : patronages.

Les Jeunesses Mariales Vincentiennes (J.M.V.), une association de jeunesse, née des apparitions de la Vierge Marie à Sainte Catherine Labouré (à la rue du Bac). Elle rejoint des enfants et des jeunes et leur permet de vivre en équipe, de contempler la vie et de s’engager au service de leurs frères. Ainsi que deux autres associations de spiritualité l’Association de la Médaille Miraculeuse qui a pour mission de faire connaitre le message de la Vierge des apparitions au sanctuaire de la rue du Bac et de diffuser la médaille miraculeuse et l’Association de la Sainte Agonie qui soutient dans la prière et propose un réseau d’amitié pour les personnes en souffrances afin de les aider à traverser leurs épreuves

L’an dernier des Confrères, consœurs et des Religieux de Saint Vincent de Saint Etienne, lors de la première journée mondiale du pauvre, ont organisé un repas pour des personnes pauvres dont ils étaient proches. Ils ont offert un temps de fraternité agrémenté d’un bon repas.

Lors d’une rencontre de coordination, la Famille Vincentienne a eu l’idée de réaliser une courte vidéo à l’occasion de la deuxième journée mondiale des pauvres, pour présenter des initiatives prises en France auprès des sans-abris. Des services de maraude avec des jeunes conférenciers de Paris et de Toulouse, des unités de soins dans des hôpitaux sur Strasbourg autour des Sœurs de la Charité de Strasbourg, un chenil sur Brest par une conférence ayant pour objectif d’aider les sans-abris dans leurs consultations médicales et leurs courses : leurs chiens étant en sécurité. Il y a aussi le bus douche que DePaul France (une association de jeunes venus d’Angleterre) a ouvert sur Paris, il offre à nos sœurs et frères de la rue, de retrouver la joie de goûter l’hygiène. Il y a aussi la mise à disposition sur Marseille d’une  maison relais de sdf aînés ayant passé de nombreuses années à la rue et qui, bénéficient alors d’un sas pour se réhabituer à la vie commune, avant la maison de retraite. Vous avez enfin, sur Marseille, l’association que lazaristes, consœurs et équipières ont lancée avant de se grouper en collectif, pour célébrer les au revoir des gens décédés à la rue. Une association qui maintenant offre aussi ses services de célébration d’un temps d’au-revoir pour les personnes âgées décédées en maison de retraite et n’ayant pas de descendants.

« Les pauvres sont nos seigneurs et nos maîtres » disait Saint Vincent. Dans la dynamique de la diaconie, les vincentiens mettent en œuvre des espaces de partage où les plus fragiles vont retrouver le goût d’être debout et de partager la confiance par les échanges fraternels vécus dans les diverses structures. Les divers espaces ouverts essaient de répondre à leurs appels. Les Vincentiens ne cessent de rendre grâce pour la chance qui leur est donnée de partager la mission de Jésus, faire connaitre la bonne nouvelle à tous ceux que l’on rejette : la saveur de l’amour de Dieu, donnant ainsi aux plus fragiles de reprendre force dans l’existence quotidienne.

Bernard Massarini, c.m.

Coordinateur National de la Famille Vincentienne – France

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