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Sur les pas de saint Vincent de Paul

La Famille vincentienne fête cette année le 400e anniversaire du charisme de son fondateur. Marseille accueillera, du 6 au 8 octobre, une relique du cœur de saint Vincent de Paul. L’occasion de découvrir des femmes et des hommes qui marchent sur ses pas.

 « Cette année, précise Sœur Jeannine Peyrebère, qui coordonne l’organisation du pèlerinage à Marseille, on commémore deux événements. Car 1617 a été une année charnière pour Vincent de Paul. Ordonné prêtre à 19 ans, en 1600, il bénéficie d’une formation solide, à Dax puis à Toulouse. Il rêve de succès et devient aumônier de la reine Margot, puis précepteur des enfants de la puissante famille de Gondi à Folleville, en Picardie. »

Dieu l’attendait au tournant !

Appelé auprès d’un paysan mourant, il le confesse et se rend compte que les pauvres sont délaissés par le clergé. « Vincent est touché par cette misère spirituelle. Il sollicite  des prêtres qui le rejoignent. » Il fondera, en 1625, la Congrégation de la Mission (les Lazaristes) pour évangéliser les campagnes, et travaillera à la formation des prêtres en instituant les Conférences du mardi, les retraites des ordinands et en créant des séminaires.

« En 1617, toujours, il est curé de paroisse à Châtillon, près de Lyon. Un dimanche, on l’informe qu’une famille dans la misère est malade. En fait, cette famille meurt de faim. Il découvre la pauvreté matérielle. Dans son sermon, il sollicite les personnes de bonne volonté. Des dames généreuses sont les premières à répondre à son appel  et à s’engager au service des plus pauvres. La Confrérie des Dames de la Charité, futures Équipes Saint-Vincent, est néeLes pauvres ont converti Vincent. Dieu l’attendait au tournant ! »

Une rencontre déterminante

En 1625, Vincent rencontre Louise de Marillac. Jeune veuve avec un fils, elle a été élevée par son père dans un milieu bourgeois. Elle aurait voulu être religieuse, mais sa santé fragile ne le lui a pas permis. « Vincent lui confie les Confréries. Un peu plus tard, une jeune vachère de Suresnes, Marguerite Naseau, se présente à Monsieur Vincent pour servir les pauvres. D’autres jeunes filles des campagnes vont suivre. A la demande de Vincent, Louise va assurer leur formation. Ainsi naîtra, en 1633, la Compagnie des Filles de la Charité, ou Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul. » Cette Société de vie apostolique est la première congrégation féminine à échapper à la règle de la clôture. « Leur monastère devait être la maison des malades, leur cellule, une chambre de louage, leur chapelle, l’église de la paroisse, et leur cloître, les rues de la ville. »

Sur tous les fronts

« Les Filles de la Charité sont sur tous les fronts : présence dans les hospices et les asiles, visites et soins à domicile, éducation des enfants trouvés, école pour les petites filles pauvres… Elles iront même sur les champs de bataille et soigner les pestiférés. » Quant à Monsieur Vincent, il fera toujours preuve d’une « charité inventive » : aumônier général des galères, il fait construire à Marseille un hôpital pour les galériens, crée des hospices pour les fous, s’occupe des jeunes délinquants, des mendiants… avec, déjà, l’intuition « de faire participer les pauvres à leur propre relèvement ». Celui qui disait : « Il faut aller aux pauvres comme on court au feu » meurt en 1660, quelques mois après Louise. Ils laissent de nombreux héritiers et héritières pour perpétuer leur œuvre de justice et de charité. Les religieuses et les Lazaristes fonderont des missions sur les cinq continents pour accompagner des femmes, des enfants, des jeunes, des migrants, des personnes malades, handicapées, âgées, sans abri, et former la jeunesse.

Un charisme actuel

« Ose la tendresse ! » C’est le thème du pèlerinage de la relique de saint Vincent de Paul. A sa suite, « de nombreux hommes et femmes ont fait le choix d’oser la tendresse de Dieu, pour la porter aux plus démunis aux périphéries du monde. » L’actualité de son charisme ? « Saint Vincent disait : « Les pauvres sont nos maîtres. »  Cela nous conduit à aller à la rencontre de l’autre avec humilité, en partageant une fraternité réciproque, où chacun est enrichi par l’autre. C’est agir avec les pauvres pour construire une société plus juste. » La Famille vincentienne a su s’adapter aux réalités du monde. Mais le cœur de sa mission n’a pas changé : « Voir le Christ dans les pauvres et les pauvres dans le Christ, être présents à toutes les formes de pauvreté, travailler pour la justice, la paix et la solidarité. »

Sœur Jeannine rappelle la devise des Filles de la Charité : « La charité de Jésus crucifié nous presse. » Elle-même a été « séduite par la figure de saint Vincent de Paul au cours d’un week-end pour les jeunes à Toulouse. L’amour des plus petits m’a attirée, le fait de voir en eux, dans leur vie, le visage du Christ souffrant et les aider à se prendre en mains, pas seulement les assister ». Ce qu’elle a mis en œuvre dans son métier d’enseignante en CAP, BEP et Bac Pro, « une filière que les jeunes, parfois en situation d’échec depuis longtemps, prennent souvent par défaut. J’essayais de mettre en valeur leurs capacités et de leur redonner confiance en eux ».

Des implantations diverses

A Marseille, les Filles de la Charité sont présentes rue d’Austerlitz, à Campagne-L’Évêque et impasse du Belvédère (7e), où elles sont six : Sœur Alice Pons, ancienne visitatrice, aujourd’hui « sœur servante », c’est-à-dire responsable de la communauté, Sœur Françoise Péloutier, animatrice en catéchèse et en pastorale à l’ensemble scolaire La Petite Œuvre, Sœur Marie-Jeanne Roubaud, qui fait partie de l’équipe du funérarium, Sœur  Marie-Paule Auphan, archiviste, Sœur Marie-Hélène Delmotte, qui travaille au service de la Mutuelle Saint-Martin, et Sœur Jeannine, conseillère de la visitatrice responsable de la Province. Leur maison, qui dispose de onze chambres et de salles adaptées, accueille des petits groupes, les jeunes de l’Année Saint-Cassien, les enfants qui se préparent à un sacrement, des groupes paroissiaux ou des retraitants.

La communauté du Roucas-Blanc est l’ancienne maison de la Province. Depuis deux ans, la maison provinciale est à Paris. La Province, qui compte 680 religieuses environ, comprend la Belgique, la France et la Suisse, ainsi que la Turquie, avec une communauté à l’hôpital de la Paix à Istanbul, et la Grèce, avec deux communautés, à Athènes, dans un quartier populaire, avec une mission auprès des réfugiés philippins et la visite des prisonniers catholiques, et une maison de retraite familiale pour les personnes pauvres dans l’île de Syros.

Le pèlerinage à Marseille

Pour l’heure, la Famille vincentienne se prépare donc à accueillir le pèlerinage de la relique du cœur de saint Vincent. « Nous espérons, avec cet événement, faire découvrir l’actualité du charisme dont nous fêtons le 4e centenaire, et faire connaître ce qu’est chacun dans le cœur de Dieu, unique et aimé, explique l’équipe organisatrice. Avec toutes les difficultés, la violence dans la société et dans le monde, nous voulons montrer que la fraternité est possible. Et cette fraternité passe par le service des plus pauvres. Les pauvres ont quelque chose à nous dire et à nous donner, le don n’est pas à sens unique. Le service est aussi un partage. »

Ecrit par: Dominique Paquier-Galliard

  

Ose la tendresse

La Famille vincentienne de Marseille – les Équipes Saint-Vincent, les Lazaristes, les Filles de la Charité, la Société de Saint-Vincent-de-Paul, l’ensemble scolaire La Petite Œuvre et le lycée technique Saint-Louis, et les Maisons d’enfants Le Mas  joyeux et Les Mouettes – vous invite :

Vendredi 6 octobre :

Conférence « Saint Vincent de Paul et l’éducation » et veillée prière et chants à La Petite Œuvre, 30 rue Stanislas Torrents (6e).

Samedi 7 octobre

Accueil de la relique du cœur de saint Vincent, film sur sa vie, confessions, chapelet, conférence, adoration et messe présidée par Mgr Pontier à l’église Saint-Vincent-de-Paul-Les Réformés (1er).

Dimanche 8 octobre

Messe et exposition de la relique à l’église Saint-Vincent-de-Paul-Les Réformés (1er).

Contact : 06 78 09 05 67 et 06 29 80 53 19

Programme complet et vidéo du SDAV, « La Famille vincentienne à Marseille », sur le site du diocèse.

 

 

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