Parole de Dieu dans des vases vincentiens « La Sainte Famille »

par | Déc 26, 2016 | La Spiritualité et la pratique spirituelle, Réflexions spirituelles | 0 commentaires

La Sainte Famille

Si 3, 2-6.12-14; Ps 127; Col 3,12-21;

Mt 2,13-15.19-23

« Que nous vivions en famille la joie de ta présence: Seigneur ».

 

« La famille est le miroir où Dieu

se regarde en train d’accomplir

 ses deux plus jolis miracles:

le miracle de donner la vie

et le miracle d’inspirer l’amour »

Didier Decoin.

Nos traditions chrétiennes ont fait de Noël une fête particulièrement de famille, car les visages du foyer de Nazareth, ceux de Marie, Joseph et l’enfant Jésus, ne font que nous renvoyer aux visages de nos pères, aux tendresses de nos mères et aux liens fraternels qui donnent goût et force au parcours de nos jours.

Pédagogie donc de l’Eglise, celle de nous inviter au lendemain de la célébration de la Noël à prier pour que les vertus de la Sainte Famille puissent illuminer les nôtres en faisant  toujours de nos familles ou communautés des « lieux d’éducation de la foi, de l’amour et de la solidarité ».

Pédagogie aussi de l’Eglise, pour nous aider à passer de la célébration et du culte au défi de la sanctification de notre route, en nous aidant à réapprendre aussi avec le Seigneur ce mystère de l’obéissance qui passe par tant de médiations dans nos vies.

Parole de vie pour notre route:

La Parole de Dieu qui est toujours « lumière de nos pas » n’est jamais étrange aux réalités qui constituent l’essentiel de la vie des hommes, comme la famille. Parler donc du respect (ce sont les paroles du Siracide) à ceux qui nous ont donné la vie, et qui nous montrent le chemin pour la vivre, qui nous accompagnent dans tous ces moments heureux ou tristes de la route, devient tout à fait spontané. L’amour et l’amitié, le mariage et ses joies, la maladie comme la santé, sont des espaces où l’homme grandi, et répond aux exigences de la foi et des espaces que la parole de Dieu illumine toujours.

La lettre aux Colossiens que Paul écrit a aussi la même perspective comme signe de que la « richesse de la parole habite nos existences ». Parole qui devient geste de reconnaissance, de capacité de pardon mais surtout de croissance dans l’amour pour que la paix véritable habite nos esprits. Les conseils de l’apôtre ont toujours  fortifiés les croyants dans leur quotidien car c’est la où la foi, l’espérance et la charité se traduisent dans des gestes humains.

L’évangile de Matthieu derrière un horizon théologique pascal, met en route cette sainte famille, qui dans l’amour doit vivre une expérience de persécution et de solitude en attendant le moment de Dieu. Une famille qui devient l’exemple pour les nôtres  où les moments difficiles ne sont pas absents  plus encore dans un monde agressif comme celui que nous vivons.

Le regard vincentien sur nos vies:

Ne semble pas facile vouloir concilier les paroles que l’Ecriture nous offre et les exigences sur la famille que St.Vincent nous a présenté. Il se peut que nous ayons la tentation de dire tout simplement qu’il s’agit d’une façon ancienne de juger les choses. Cependant sa pensée exigeait faire un équlibre entre le devoir d’aimer et d’aider les parents et les exigences d’une vocation que comme l’Évangile le dit aussi oblige à un renoncement.

« Aimer?…oui  les membres de famille mais sans oublier non plus les exigences du Royaume de Dieu ». St. Vincent pose la question essentielle: « Voulez-vous venir après moi?. La question n’oblige personne, elle invite à entrer en soi-même et s’interroger. Elle oblige sans doute à réorienter les options de la vie.

Le texte se trouve dans la conférence du 02-05-1659, « Sur la mortification »:

« La Règle dit encore une chose qui semble rude, néanmoins il faut baisser la tête; la Fils de  Dieu l’a dit tout net, que pour renoncer à soi, il faut haïr ses parents (Lc 14,26) mais cela s’entend s’ils nous veulent empêcher d’aller à lui; car, quand ils nous y portent, ou nous laissent faire, il ne demande pas cette haine de nous, mais quand ils nous en détournent il les faut haïr et quitter…mais s’ils ne le font pas…tant mieux; il les faut aimer en Notre Seigneur, non pour nous attacher d’affection à eux parce qu’ils sont bons, mais parce qu’ils se détachent afin que nous soyons meilleurs en suivant notre Sauveur qui est uniquement parfait…

Je dis cela à la Compagnie, parce qu’il y a quelque chose de grand dans cette règle, faite selon l’Évangile lequel exclut  du nombre des disciples de Jésus-Christ  tous ceux qui ne haïssent père et mère, frères et sœurs et que , suivant cela, elle nous exhorte à renoncer à l’affection immodérée des parents. Prions Dieu pour eux, et, si nous les pouvons servir en charité, faisons-le, mais tenons ferme contre la nature, qui, ayant toujours son inclination de ce coté-là, nous  détournera, si elle peut, de l’école de Jésus-Christ. Tenons ferme ».

La vie nous montrera la route, la fidélité à l’appel du Seigneur mettra sans doute toutes les nuances nécessaires qui sont capables d’établir l’équilibre…Tenons ferme.

 

P. Alvaro RESTREPO, c.m.

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