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Au service des sans abri : témoignage d’un séminariste

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« Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi. » « Chaque foi que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 35-36.40). Séminariste dans la Congrégation de la Mission, vous pouvez directement comprendre le sens de mon engagement au service des sans abri. C’est porté par l’esprit de Saint Vincent de Paul, celui de « suivre le Christ évangélisateur des pauvres » que je me trouve dans cette mission. Mais c’est aussi, et avant tout, dans le souci de porter les valeurs de l’Evangile dans ma vie au quotidien que je vais à la rencontre du Christ à travers mes frères et sœurs qui ont le plus besoin d’être aimé et d’être servi. Quand mon supérieur m’a proposé de donner un coup de main au centre d’accueil Depaul France aux Périchaux, pour l’hygiène et les soins des sans abri, j’ai vite discerné dans cette proposition un appel du Christ à aller à sa rencontre… En effet, il m’était arrivé quelque fois, en rencontrant les personnes à la rue dans les métros ou sur les trottoirs des rues de Paris ou ailleurs, de me poser la question de savoir comment je peux apporter ne serait-ce qu’une petite contribution au bonheur de ces frères et sœurs qui sont dans la grande précarité… La première chose qui venait à l’esprit c’était de donner une pièce ; or avec cette réaction je pouvais rester indifférent dans les cas où je n’avais pas ces pièces ou même quand je ne voulais pas les donner parce que j’en avais d’autres calculs. Avec mon service au centre Depaul j’ai réalisé combien est vraie cette parole de l’Evangile « l’homme ne vit pas seulement de pain », il a encore besoin plus que ça : l’amour, le respect, être bien estimé dans sa dignité de l’être humain, …  Je me rappelle un monsieur que j’ai rencontré quand j’étais avec la mobil’douche ; je parlais avec lui et avec ses amis, après un petit temps d’échanger il me propose à boire et je lui ai dit que je ne prenais pas d’alcool fort et il est vite parti acheter les pistaches et nous avons partagé. Avant que je ne parte il m’a dit : « au moins toi tu t’arrêtes pour nous parler ! merci ».  Ils ont besoin d’un respect et cela je l’ai expérimenté tout ce temps que je viens de passer à Depaul. Je revois tous ces visages rayonnants et étonnés quand je leur remets le linge propre bien plié après la lessive ! Ils ont besoin de passer un temps auprès des personnes qui les écoutent sans aucun jugement ; un temps où ils se reposent un peu de la vie rude de la rue ! Un temps où ils racontent leurs petites aventures qui les intéressent et les tiennent à cœurs !!!  Le service auprès des sans abri me permet aussi de vivre certaines joies : quand par exemple, avec la mobil’douche, nous arrivons dans un quartier où nous avons l’habitude d’offrir notre service et que nous apprenons que telle personne qui prenait la douche chez nous a eu un logement, telle autre a eu un travail ou encore telle a rejoint sa famille ! Toutes ces bonnes nouvelles étaient pour moi un encouragement! En me mettant au service des sans abri, j’apprends aussi à être humble ! C’est quand je me trouve par exemple devant une situation difficile d’un accueilli où je n’ai aucun mot à dire. Et cela arrive souvent…  Pour finir, je peux dire que dans ma mission à Depaul je goûte la joie du service, mais en même temps, d’une manière ou d’une autre, je communie à la souffrance de toutes ces personnes qui sont sans abri ! Je rends un grand hommage à tous ceux et celles, de loin ou de près, contribuent à alléger la souffrance de nos frères et sœurs qui sont à la rue ! Cela n’est-il pas un bon moyen de vivre cette année de la miséricorde ?

Gaspard NTAKIRUTIMANA

Séminariste de la Congrégation de la Mission.

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