Dans mon dernier article, j’énumérais quelques-uns des facteurs qui semblent freiner l’implication des vincentiens dans les enjeux de justice sociale. J’ai aussi utilisé le terme « penseurs radicaux » pour décrire ce que Vincent, Louise, Rosalie et Frédéric avaient accompli chacun à son époque. Je reprends ce qu’écrivait David Williams dans son livre, The Mind and Heart of a Vincentian : « Ils ont répondu à l’appel avec dynamisme, inventivité, amour et énergie, dans un esprit de prière, d’humilité et de réelle fraternité. Nous devons redécouvrir notre approche radicale, soit sortir à l’extérieur et trouver les plus pauvres d’entre les pauvres et leur apporter une aide pratique. Celle-ci doit être offerte avec amour et respect, car c’est ce qui compte le plus pour eux, comme le disait sœur Rosalie à Frédéric. »[1]Williams poursuit : « L’approche radicale plaira vraisemblablement à ceux qui cherchent à mettre leur foi en action. Elle devrait attirer de nouveaux membres au sein de notre Société. »1

Je crois que l’une des solutions possibles aux divers facteurs qui empêchent les vincentiens actuels de s’impliquer dans la justice sociale est de regarder au-delà de notre base de membres actuelle et chercher de nouveaux membres, qui possèdent une expérience reliée à la justice sociale ou tout au moins un désir sincère de vivre leur foi en changeant tant les systèmes et structures que la façon dont les gens regardent la pauvreté.

Même si le terme « radical » peut avoir une connotation négative, je crois qu’il peut aussi signifier le désir d’opérer un changement visant à améliorer le bien commun. Cela s’applique très certainement à ce que notre Société tente de faire en matière de justice sociale. Si nous pouvons mettre de l’avant des méthodes efficaces afin d’attirer des nouveaux membres issus de nos structures paroissiales, cela ne peut que profiter à nos efforts en vue de devenir une voix forte et efficace en faveur de la justice sociale. Il pourrait y avoir de nombreux paroissiens possédant une connaissance pratique de la justice sociale ou un sincère intérêt en la matière. De plus, nos membres jeunesse actuels ainsi que les jeunes membres en devenir sont habituellement prêts à confronter les systèmes et structures en place en espérant susciter des changements bénéfiques. J’ai eu la chance de connaître des jeunes exceptionnels et de travailler avec ces jeunes, qui pourraient bien être les penseurs radicaux d’aujourd’hui et de demain. Voilà ce qui pourrait constituer des solutions viables afin que davantage de vincentiens embrassent la justice sociale.

[1]Traduction libre.

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