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Lettre encyclique « Fratelli Tutti » : Résumé et commentaire (8ème partie)

par | Déc 19, 2020 | Formation, Réflexions spirituelles | 0 commentaires

À la veille de la fête de saint François d’Assise, le 4 octobre 2020, le Pape François a publié sa troisième encyclique : ‘Fratelli tutti‘.

En tant que responsable au sein d’une congrégation internationale qui remplit une mission claire dans le monde, plus particulièrement dans le monde de l’éducation et de la santé, sur la base de son propre charisme, le Fr. René Stockman propose ici un bref résumé de chaque chapitre, suivi d’une réflexion plus personnelle.

Chapitre 8 : Les religions au service de la fraternité dans le monde

Ainsi nous arrivons au dernier chapitre avec un thème qui est très cher au Pape François et pour lequel il a déjà pris de nombreuses initiatives. Son point de départ est que les différentes religions devraient pouvoir contribuer à une plus grande fraternité au niveau mondial. La citation des évêques indiens est forte: « l’objectif du dialogue est d’établir l’amitié, la paix, l’harmonie et de partager des valeurs ainsi que des expériences morales et spirituelles dans un esprit de vérité et d’amour ».

Le point de départ est que nous pouvons nous ouvrir ensemble à Dieu comme Père de tous. Nous devons pouvoir nous soutenir ensemble autour de Dieu comme vérité transcendante, qui transcende les diverses interprétations religieuses. Lorsque nous cherchons Dieu de cette manière avec un cœur sincère, nous rencontrerons des compagnons de route qui recherchent également Dieu, sans a priori nous piéger dans des principes idéologiques. Si le monde est en crise aujourd’hui, c’est parce qu’une sorte d’anesthésie pour le transcendant a surgi et en a maîtrisé beaucoup. À sa place sont venus de simples intérêts séculiers et matériels qui ont totalement supplanté les valeurs transcendantes. L’Église a donc un rôle public à jouer dans l’établissement des moyens de promouvoir et d’encourager la dignité de l’homme et la fraternité universelle. Ici, l’Église se montre comme une mère.

De ce point de vue, l’Église veut aussi apprécier l’œuvre de Dieu dans d’autres religions, conformément à ce qui a été enseigné à leur sujet au Concile Vatican II. En même temps, nous devons faire résonner la musique de l’Évangile dans nos maisons, dans nos ateliers, en politique et dans le monde économique. Parce que dans le message évangélique, c’est précisément cette attention constante à la dignité de chaque personne et à la construction d’une vraie fraternité, qui résonne.

Ici, bien sûr, résonne également l’appel à la tolérance et à l’ouverture dans les endroits où, en tant qu’Église catholique, nous sommes minoritaires, et en même temps l’Église catholique veut aussi montrer cette ouverture à ceux qui professent une autre dénomination ou religion et même à ceux qui ne croient pas du tout. Continuons à nous ouvrir à Dieu qui ne regarde pas avec les yeux mais avec le cœur et qui est donc un Dieu de surprises. L’idéal reste d’arriver ainsi à une société harmonieuse entre différentes cultures et religions.

C’est pourquoi toute forme d’intolérance religieuse est hors de question, et certainement le terrorisme qui en résulte. La religion ne peut jamais être la cause de terrorisme, mais ce sont la pauvreté, l’oppression et l’injustice qui la sous-tendent et qui abusent de la religion pour commettre des actes terroristes. C’est pourquoi les dirigeants religieux doivent faire tout ce qu’ils peuvent pour entrer en dialogue les uns avec les autres et rester en dialogue, coopérant ainsi efficacement pour la paix mondiale et supprimant toutes les formes d’extrémisme.

Enfin, le Pape François remémore des personnes qui ont vraiment contribué à la construction de cette fraternité universelle, tant au sein de la propre Église catholique qu’en dehors de celle-ci: François d’Assise, Martin Luther King, Desmond Tutu, Mahatma Gandhi. Et tout particulièrement le bienheureux Charles de Foucauld est présenté comme un modèle, qui a traversé un véritable chemin de transformation pour devenir véritablement le frère de tous les hommes et de toutes les femmes. Il est vraiment devenu le « frère universel ».

Accueillons avec un cœur reconnaissant cette troisième encyclique et explorons honnêtement comment nous-mêmes, en tant qu’individus et en tant que communauté, pouvons répondre encore mieux aux diverses invitations vivifiantes qu’elle contient. Avec la précédente encyclique sociale « Laudato Si’ » », le Pape François veut nous appeler tous à vivre notre mission en tant que chrétiens pas seulement entre nous, mais à l’accomplir réellement en tant que citoyens du monde et ainsi être sel et levure dans la pâte. Personne ne peut rester indifférent aux graves problèmes écologiques auxquels nous sommes confrontés, mais ces problèmes doivent toujours être replacés dans un contexte plus large à la lumière de la promotion de la dignité de l’être humain: de l’être humain tout entier et de tous les êtres humains, afin de reprendre encore un fois les paroles du Pape Saint Paul VI. Inspirés de l’Esprit de Dieu, formons un panneau central vivant du triptyque dans lequel les deux encycliques sont comme les panneaux latéraux et nous montrent le chemin, le chemin de l’Évangile que nous devons continuer à marcher en toute radicalité, mais cela ensemble avec beaucoup de gens, avec tous les hommes de bonne volonté. Améliorez le monde, commencez par vous-même et dans votre propre entourage.

Avec une invitation à tous à lire, relire, réfléchir et dialoguer sur l’ensemble de l’encyclique.

Fr. René Stockman,
Supérieur général des Frères de la Charité.
Source: Site des Frères de la Charité.

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