À l’occasion de la crise provoquée par le coronavirus, le frère René Stockman, Supérieur général des Frères de la Charité, a rédigé une lettre circulaire. Veuillez le lire ci-dessous :

Chers Frères,
Chers Membres associés, collaborateurs, bénévoles et amis,

Nous sommes tous entrés dans la période de quarante jours en préparation de Pâques. Personne n’avait pensé à quel point ce temps serait spécial. Le monde entier est captivé par le coronavirus. Les paroles du mercredi des Cendres qui nous ont rappelé notre nature humaine transitoire, continuent de résonner comme jamais auparavant. Des sentiments de peur et d’impuissance saisissent beaucoup de gens. Ici à Rome, où les résidents n’ont plus le droit de quitter leur maison depuis plus d’une semaine, cette atmosphère est vraiment palpable. Nos étudiants en interne reçoivent leurs cours via Internet et essaient de maintenir une bonne routine quotidienne. Plus que jamais, nous expérimentons la force positive de notre vie communautaire et, en priant ensemble, nous nous sentons étroitement liés aux nombreuses personnes qui nous entourent. Nous nous encourageons mutuellement à suivre attentivement les règles imposées et à les considérer comme une expression de solidarité. Nous réalisons que toute transgression ou tout laxisme peut mettre en danger les autres et nous-mêmes. Dans le même temps, nous faisons l’expérience des chanceux qui reçoivent de la nourriture sur leur table sans grand soucis, qui ont suffisamment d’espace pour se déplacer dans la maison et le jardin et surtout qui peuvent se soutenir mutuellement. De l’autre côté de la rue, nous voyons des familles prises au piège dans leurs petits appartements, nous entendons des enfants jouer sur les balcons étroits, et nous ne réalisons peut-être pas assez à quel point la solitude et la désolation existent maintenant chez les personnes âgées, les malades.

Je pense en particulier à vous tous, confrères, membres associés, collaborateurs, bénévoles et amis, qui sont confrontés à cette crise mondiale dans des situations très différentes. J’espère que vous trouverez de bonnes façons d’être proches les uns des autres, de vous aider et de vous soutenir mutuellement dans les tâches difficiles que vous devez accomplir. En particulier, je pense à vous qui devez faire votre travail en soins infirmiers et en prenant soin de vos prochains avec beaucoup de prudence et encore plus de dévouement. Que votre action courageuse aide et encourage beaucoup à surmonter leurs peurs. Peut-être que vous devrez également prendre soin de personnes infectées par le virus. Faites-le avec soin, avec amour et surtout une grande générosité. Puissions-nous également vivre ici la force de notre charisme de charité.

Nous pensons spécialement à nos élèves qui sont désormais contraints de rester à la maison, afin qu’ils y trouvent suffisamment d’espace pour poursuivre leurs études sous la supervision de l’école. Nous pensons aux malades et aux personnes handicapées dans nos institutions, nos hôpitaux, nos maisons, qu’ils puissent être épargnés par ce virus mortel et s’ils sont infectés, qu’ils puissent recevoir de bons soins. Nous pensons aux sans-abri qui sont maintenant de plus en plus menacés, qu’ils puissent trouver un abri sûr. Et nous pensons à ceux qui sont maintenant malades, qui courent un danger mortel du virus, qu’ils puissent être aidés dans leur douleur et leur souffrance et recevoir une guérison.

La période de quarante jours est un temps de prière, de jeûne et de partage. Nous sommes involontairement appelés à vivre cette expérience d’une manière très spéciale. C’est pourquoi nous voulons prier pour que cette pandémie puisse être surmontée rapidement et nous prions en particulier pour ceux qui se sont engagés à lutter contre le virus dans divers domaines: par la recherche scientifique et par une aide et des soins réels. Au cours de ce mois, nous prions spécialement Saint-Joseph pour qu’il continue de montrer son souci, si remarquable envers Marie et Jésus, envers nous et envers tous ceux qui sont touchés par le virus.

C’est un moment où nous pouvons retrouver le sens du jeûne et, par la mortification, nous connecter spirituellement avec nos prochains qui traversent actuellement une période très difficile. Cela peut devenir une intention très spéciale dans notre jeûne et notre mortification.

Et enfin, nous voulons partager. Ne soyons pas insensibles lorsqu’on nous demande de soutenir efficacement.

Je veux terminer par une prière et je voudrais me joindre à ce que nous avons reçu de la Conférence épiscopale belge.

« Dieu de toute vie,
Depuis toujours, Vous avez montré votre amour aux gens.
En Jésus votre Fils Vous êtes venu près de nous.
Il a apporté la guérison et la paix aux malades,
par sa bonté et sa réconciliation
Il a ouvert un nouvel avenir
pour les personnes qui étaient perdues.
Venez à notre rencontre avec l’Esprit qui animait Jésus,
en ces jours d’agitation et d’incertitude.
Donnez-nous du calme, de la sagesse et du courage
pour distinguer ce que nous pouvons faire
pour soutenir les autres
et aider à surmonter cette crise.
Laissez-nous grandir en espoir et confiance
maintenant que nous vivons tous si fortement notre vulnérabilité,
et gardez la foi vivante en nous
que vous menez tout pour le bien.
Par le Christ notre Seigneur. Amen. »
.

Avec mon affection fraternelle dans le Seigneur et uni avec vous,

Fr. René Stockman,
Supérieur général
Frères de la Charité

Source: https://brothersofcharity.org/


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