En prévision de la visite du pape François à Madagascar du 7 au 10 septembre, nous souhaitons présenter un autre des travaux extraordinaires réalisés par les missionnaires de la Congrégation de la Mission. Père Émeric Aymot d’Inville est le chef du lieu, responsable du travail du Foyer Tanjomoha.

Le « Foyer de Tanjomoha » se trouve à Vohipeno, sur la côte sud-est de Madagascar. Il a pour vocation d’accueillir les plus pauvres et les plus abandonnés de la société malgache environnante pour leur permettre de trouver des solutions durables aux problèmes de détresse dont ils ne pouvaient pas se sortir tous seuls. Fondé en 1986 par le Père Vincent Carme, Lazariste, il est dirigé par des membres de cette même congrégation, en collaboration étroite avec une communauté de Filles de la Charité.Les jeunes handicapés moteurs ont été au cœur de la préoccupation du Père Carme lorsqu’il a fondé le Foyer de Tanjomoha et ils le sont encore aujourd’hui. Pauvres parmi les pauvres, sans prise en charge par l’Etat, ils constituent une lourde charge pour leurs familles, souvent démunies, qui parfois les rejettent. Les parents sont incapables de pourvoir au traitement du handicap de leurs enfants handicapés au moyen d’opérations très couteuses, de séances de rééducation et de port de matériel orthopédique. Souvent aussi les familles ne les font pas étudier aussi les jeunes handicapés restent à la maison, assis à ne rien faire. C’est pour répondre à ces besoins cruciaux que ce Foyer existe et offre à ces jeunes à la fois un traitement efficace de leur handicap et une éducation adaptée aux possibilités de chacun de façon à leur permettre de mener la vie la plus autonome possible :

Par des études sérieuses et adaptées : « C’est par l’éducation, estimait le P. Carme, qu’on pourra offrir un métier aux jeunes handicapés, ainsi qu’une meilleure intégration sociale et une vie familiale épanouissante ». Nous trouvons, donc, dans le Foyer :

  • une classe d’alphabétisation pour les illettrés : dirigée par une institutrice spécialisée, elle-même handicapée, Mme Léonie,
  • une école de couture et broderie, l’école ménagère : dirigée par une sœur et assistée par quatre enseignants/tes, cette filière s’adresse aux filles mais aussi aux garçons qui en ont le goût. Ils recevront à leur sortie une machine à coudre en cadeau afin de leur permettre de s’insérer dans le monde du travail,
  • un atelier pour apprendre la menuiserie : filière est ouverte aux garçons handicapés qui ont suffisamment de force dans les bras et ont au moins une bonne jambe, car cette formation nécessite un assez bon équilibre et plus de force physique. Les élèves apprennent à faire toutes sortes de meubles depuis les tabourets droits jusqu’aux chaises, lits, armoires, portes à panneaux, tables bancs d’école, fenêtres, etc. Là encore la pratique revêt une importance spéciale qui est marquée par la moyenne de 12 comme moyenne minimum. En sortant, ils reçoivent avec leur diplôme une caisse à outils bien garnie afin qu’ils puissent travailler et gagner leur vie. Un Frère Lazariste, Fr Prosper dirige l’école de menuiserie. Il est assisté de trois moniteurs.
  • Le foyer offre aussi la possibilité pour des jeunes de continuer les études secondaires et les envoient au collège Sainte Geneviève, tenu par les Filles de la Charité pour se préparer au BEPC ou au BAC. Nous les aidons aussi à poursuivre des études supérieures à savoir la gestion, les langues, l’électronique, ou le paramed. Un cas concret est celui de Julien qui a arboré son diplôme de doctorat en gestion.
  • Nous avons estimé qu’une bonne connaissance de l’informatique ainsi que de la gestion appliquée offrait de meilleures chances de trouver un emploi. C’est pourquoi nous avons créé, fin 2013, avec les encouragements de nos supérieurs, Visiteur Lazariste et Evêque, une formation sur deux années de type BTS, appelé l’ESIGAT(Ecole Supérieure d’Informatique et de Gestion Appliquée de Tanjomoha).Elle accueille en priorité des bacheliers handicapés et des jeunes valides provenant de nos autres Foyers Deguise et De Carme.

Par le traitement du handicap : le traitement du handicap fait partie intégrante du projet du Foyer de Tanjomoha. C’est une de deux composantes essentielles, avec les études. Il vise à apporter aux jeunes handicapés le maximum d’autonomie physique possible. Divers moyens sont mis à leur disposition :

  • Le contrôle orthopédique : qui se fait chaque année en juin,réalisé par une équipe de médecins, kiné et technicien appareilleur, provenant du CRMM d’Antsirabe,
  • Opérations orthopédiques : D’abord réalisées au CRMM d’Antsirabe, elles se font depuis 2008 à Vohipeno même, à l’hôpital Henintsoa, tenu par les Sœurs de la Miséricorde, à deux pas de Tanjomoha,
  • La rééducation : Le traitement du handicap se fait essentiellement par la rééducation et le port de matériel orthopédique. Les jeunes handicapés qui étudient au foyer doivent faire une heure de rééducation par jour sous la direction de Sœur Honorine, aidée de deux assistantes.
  • La cordonnerie orthopédique : Alors qu’ils ne travaillaient traditionnellement que le cuir et le fer, ils sont passés en septembre 2016 à la fabrication de prothèses avec embouts en matière plastique et de releveurs également en plastique, grâce à l’appui technique d’un spécialiste espagnol qui nous fournit également tous les matériaux et les composants nécessaires (tubes usinés, faux-pieds, résine, et autres les matériaux nécessaires.

Prise en charge d’autres types de handicap :

  • Scolarisation d’aveugles et malvoyants : le foyer fait étudier 25 jeunes aveugles et malvoyants dans des écoles spécialisées à Farafangana, une institution ancienne tenue par les protestants luthériens, et plus récemment à Fianarantsoa, à l’Ecole Ephata, tenue par les Sœurs de Marie Immaculée.
  • Scolarisation de sourds-muets et malentendants : le foyer fait également étudier 25 sourds-muetset malentendantsdans une école spécialisée à Antsirabe, tenue par les protestants luthériens qui sont des pionniers dans ce domaine.
  • La scolarisation de jeunes handicapés mentaux : le foyer aide une dizaine d’enfants et jeunes handicapés mentaux à étudier dans une école spécialisée à Manakara, le CES, qui est une branche du Collège Présentation de Marie, tenu par les Filles de la Charité.

En somme, le projet éducatif mis en place par le Foyer de Tanjomoha comprend, en plus des études dont il a été question ci-dessus, une éducation morale et une proposition de formation spirituelle. La suite des activités du foyer, vous en sera rapportée pour le prochain article.

Emeric Amyot d’Inville
Dario Jean, CM
Provincia de Madagascar
Fuente: https://cmglobal.org/


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