Poursuivant la discussion sur la réconciliation en tant que fondement de la Commission de vérité et de réconciliation (CVR), l’élément clé de cette dernière consistait à parcourir le pays afin d’entendre ce qu’avaient à raconter les familles ayant souffert du système des pensionnats canadiens. Cette action particulière est un bon exemple de la façon dont nous pouvons personnellement mettre en pratique la réconciliation, lorsque nous interagissons avec nos amis vivant dans la pauvreté. L’écoute nous permet de comprendre que les dommages engendrés par la pauvreté vont bien au-delà du manque d’argent. La pauvreté peut affliger une personne sur les plans émotionnels et spirituels et, bien que les séquelles négatives ne puissent jamais être tout à fait effacées, elles peuvent être amoindries et traitées au moyen de l’action sociale.

La CVR a donné lieu à 94 appels à l’action auprès des gouvernements, des organismes confessionnels et du grand public. L’Église catholique du Canada ayant joué un rôle de premier plan dans le fonctionnement des pensionnats, un lourd fardeau lui incombe quand il s’agit de répondre aux 94 appels à l’action. Si nous ne répondons pas, nous ne respectons pas nos obligations quant aux efforts essentiels de réconciliation avec les peuples autochtones du Canada. De plus, de nombreux membres des peuples autochtones sont des catholiques baptisés, mais ne pratiquent plus leur foi catholique, en raison surtout de l’historique de l’Église catholique du Canada en lien avec les peuples autochtones.

L’éducation sur la culture autochtone est un aspect important des gestes de réconciliation. Ayant grandi dans les années 1960, je n’avais jamais entendu parler des pensionnats, bien que plusieurs existaient encore à ce moment-là. À cette époque, on mettait davantage l’accent sur l’histoire de nos ancêtres venus de divers pays, en tant qu’immigrants vers le nouveau monde du Canada, sans réaliser qu’il y avait des gens, ici même au Canada, dont l’héritage ancestral remontait à des centaines d’années.

La réconciliation concerne avant tout l’avenir, tout en n’oubliant pas le passé. Cela s’applique certainement à la réconciliation au sein de notre foi catholique. Nous demandons pardon, mais nous travaillons aussi à devenir demain de meilleures personnes. Mon expérience de la culture et la tradition de foi autochtones me fait la preuve qu’il y a beaucoup à apprendre et en même temps, à découvrir à quel point cette tradition est compatible avec la foi catholique. En ce temps du carême, je prie pour que le travail de la CVR soit soutenu par tous les paliers de gouvernement, toutes les traditions de foi et tous les Canadiens.

Traduit par: Ghislaine DuNord

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