En repensant à la récente célébration de la fête de Pâques et au renouvellement de notre foi, différents éléments me reviennent à la mémoire. Pendant la messe du dimanche de Pâques, le sentiment de joie et de renaissance spirituelle est sans contredit des plus étonnants. Il semble que même nous, les vieux paroissiens, pouvons encore ressentir le renouvellement de l’espoir pour un monde meilleur. C’est aussi le printemps et ici, dans les régions plus nordiques, le moment où les plantes et les animaux connaissent une poussée de croissance. Quand je recherche un sujet d’article et que j’ai peine à me décider, je peux toujours me servir des expériences vécues lors de visites à domicile pour la Société de Saint-Vincent de Paul. Il était d’ailleurs tout à fait approprié que nous ayons à effectuer cinq de ces visites pendant la semaine sainte.

Une de ces visites m’a vraiment laissé avec un sentiment de paix et de joie. Nous avons visité une dame âgée autochtone, que je nommerai Mary, qui partage sa maison avec six membres de sa famille, d’enfants plus vieux jusqu’à des arrières petits-enfants. Au cours de la conversation, elle a mentionné qu’elle était une survivante de notre ancien système de pensionnats, qui a arraché les enfants autochtones à leur famille pour les angliciser et les assimiler à notre culture, en faisant complètement abstraction de la culture et du langage autochtones. Certains de ces enfants ont été éloignés de leur famille pendant des années et certains ont malheureusement aussi subi des abus physiques et sexuels.

Mary nous a calmement dit qu’elle avait été victime d’abus pendant qu’elle était au pensionnat, mais qu’elle avait des difficultés à recevoir une compensation, tant de la part de l’Église que du gouvernement, en raison du manque de preuve. Pendant que Mary nous parlait, nous ne constations aucune colère, mais bien plutôt de la résignation face à sa situation. Comme nous devions effectuer plusieurs autres visites cette journée-là, nous l’avons aidée pour se procurer de la nourriture et lui avons dit aurevoir. Je prévois la visiter à nouveau en tant qu’ami, quand je disposerai de plus de temps pour m’asseoir et l’écouter me raconter son histoire. Bien que cette visite ait été imprégnée de tristesse, j’ai aussi pris congé de Mary avec un sentiment d’espoir qu’en devenant simplement amis, nous renouvelions de part et d’autre notre espoir d’un monde meilleur.

Traduit par: Ghislaine DuNord

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