Un défi important dans la vie de chaque membre de la Société est, sans aucun doute, de réconcilier son travail vincentien avec ses autres activités quotidiennes. Les Vincentiens doivent s’engager dans un processus de discernement afin d’équilibrer leur activité missionnaire avec leurs engagements familiaux, professionnels et paroissiaux, entre autres.

On entend souvent dire que certains Vincentiens accordent trop d’attention aux questions relatives à la Conférence et au Conseil, laissant de côté la vie familiale, éducative et même professionnelle. Ce n’est pas souhaitable, car la coexistence familiale est la base de la société civile et les gens ne peuvent pas être vraiment heureux s’ils ne trouvent pas le bonheur dans leur famille. Un sage vincentien a déclaré: « La Société de Saint-Vincent-de-Paul est satisfaite d’occuper la troisième place dans nos vies, c’est-à-dire après Dieu et la famille. »

D’autre part, si nous ne donnons pas le meilleur de nous-mêmes lorsque nous participons aux activités de nos Conférences et Conseils, nos activités vincentiennes pour le compte des membres les plus nécessiteux de la société et notre lutte contre la pauvreté et la faim et les sans-abris peuvent dépérir et saper lentement la solidarité qui anime notre «grand réseau de charité». Nous devons donc être attentifs aux exigences de notre vie familiale et personnelle et, parallèlement, veiller à ce que la Société de Saint-Vincent-de-Paul continue de transformer la réalité de l’exclusion qui touche tant de membres de notre société.

Voici un message spécial aux nombreuses consoeurs de notre société, en particulier à celles qui ont eu la bénédiction d’être mères: vous avez dû faire face à de nombreux défis supplémentaires que les membres masculins de notre société ne peuvent même pas imaginer. Vous avez vraiment réussi dans tout cela et méritez nos applaudissements. Grâce à votre dévouement, les conférences ont connus de nombreux succès. Nous vous en sommes donc reconnaissants.

Enfin, il est important de rappeler l’appel lancé par le pape Jean-Paul II aux Vincentiens: «le temps est venu d’une nouvelle créativité de la charité».[1] Le Président International de l’époque [2] de la Saint-Vincent-de-Paul a affirmé que tous les membres devaient être «vincentiens 24 heures sur 24». Les «Vincentiens 24 heures» sont ceux qui remplissent toutes les obligations énoncées dans la Règle et qui incorporent le charisme de Saint-Vincent et Ozanam (charité ininterrompue, humilité et solidarité) dans leur vie personnelle.

La charité commence à la maison. Nous ne pouvons être véritablement vincentiens que si nous commençons notre action caritative chez nous, avec notre famille, nos amis, nos domestiques, nos parents et connaissances, nos collègues de travail… Ce n’est qu’après cela que nous pourrons penser à pratiquer la charité. « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » [3].

Renato Lima de Oliveira
16ème Président Général de la Société de Saint-Vincent-de-Paul

[1]     Message du Saint-Père Jean-Paul II au Comité international de coordination de la Société Saint-Vincent-de-Paul, au Vatican, le 14 février 2001.

[2]     Confrère José Ramón Díaz-Torremocha.

[3]     Mt 15:23.

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