Nativité du Seigneur.

(Messe de la nuit)

Is 9,1-6; Ps 95; Tt 2,11-14; Lc 2,1-14

« Que ta venue, Seigneur, soit notre joie »

« La tendre miséricorde de notre Dieu

nous amènera d’en haut

la visite du Soleil levant,

pour guider nos pas dans le chemin de la paix »

Lc 1,78-79

Nos matins sont illuminés avec cette prière qui donne à notre route quotidienne un élan nouveau. Dans ce cantique du Benedictus de Zacharie, les chrétiens et les consacrés, comme les ministres serviteurs du peuple de Dieu, reçoivent un envoi en mission qui doit avoir chaque jour la fraîcheur d’un recommencement dans la certitude de que « le Soleil levant, vient nous visiter pour guider nos pas ».

Noël est aussi la célébration de cette certitude, en vérité l’Emmanuel, est devenu notre proche, notre frère, sa naissance comme homme raccourci les distances avec le Dieu de nos pères et donne au cœur une nouvelle force.

Si nous les chrétiens nous divisons l’histoire: avant et après Jésus-Christ nous le faisons à partir de notre foi. Pour nous il accompli les promesses mais il les mène aussi à leur plénitude…Il nous parle du passé, mais il nous éclaire sur le présent pour qu’on puisse mieux construire l’avenir…Il continue à nous parler de Dieu le Père, mais comme Fils Unique il ouvre avec l’Esprit notre intelligence à des nouvelles compréhensions de la Parole.

Et le Verbe se fait chair:

Dans la patience de la foi, on attendait une nouvelle qui devait venir de DIEU. Mais la nouvelle c’est quelqu’un: un enfant nous est né, un fils nous a été donné. On l’appellera Prince de la paix ». Le don a surpassé la promesse, notre désir de Dieu dans l’attente de l’Avent est devenu « superabondance » de la miséricorde à notre égard.

Le texte de la naissance de Jésus comme Luc la raconte, ne laisse pas l’espace à des sentiments différents. Il semble vouloir réveiller les hommes et les femmes de l’histoire pour saisir comment l’histoire ne pourra pas être la même depuis que le fils de Dieu fait route avec nous.

La quatrième nuit que la tradition juive attendait, celle de la naissance du Messie, la voilà devant nous. Elle veut nous porter l’assurance d’un monde qui peut être différent si nos cœurs se laissent illuminer par cette « lumière qui vient d’en haut », comme don  offert à tous ceux qui veulent le recevoir, ainsi que St. Jean nous le dira dans son évangile.

Le texte paraît nous surprendre, nous dire que ce qui se passe c’est inouï, c’est libéralité sans mesure…laissez-vous surprendre par Dieu. Il y a dans le texte un « pendant qu’ils étaient là »: c’est à dire la route commune des mortels, celle de Marie, femme enceinte, de Joseph époux discret et attentif, celle de chacun de nous, hommes et femmes simples, hommes et femmes riches, nous « qui sommes là » dans notre quotidien trop simple…là..il est…il est né pour nous aider à être raisonnables…justes..religieux ( lettre à Tite).

C’est là où nous pouvons découvrir sans cesse « l’amour invincible du Seigneur de l’Univers » selon Isaïe.

La joie de nos Fondateurs…une invitation à la nôtre:

Le chemin quotidien de nos frères pouvait être illuminé par les paroles du Fondateur qui saisissait toute occasion pour les reconduire à la source de leur mission: l’exemple du Seigneur.

« Nous n’avons rien de nouveau que le mystère qui approche, qui nous fera voir le Sauveur du monde comme anéanti sous la forme d’un enfant; et j’espère que nous  nous trouverons ensemble aux pieds de sa crèche pour le prier qu’il nous tire après lui dans son abaissement » (Lettre du 22-12-1656).

« Rien de nouveau » dit St.Vincent, que « le mystère qui s’approche ». Nouveauté de l’amour inventif de Dieu qui laisse toujours perplexe le Fondateur car il dit dans une conférence aux Missionnaires (20-05-1659): « Regardons le Fils de Dieu; oh, quel cœur de charité ( quelle nouveauté…Mr.Vincent) quelle flamme d’amour. Mon Jésus, dites-nous, vous un peu, s’il vous plaît , qui vous a tiré du ciel pour venir souffrir la malédiction de la terre, tant de persécutions et de tourments que vous y avez reçus. Ô Sauveur! Ô source de l’amour humilié jusqu’à nous et jusqu’à un supplice infâme, qui en cela a plus  aimé le prochain que vous même? Vous êtes venus vous exposer à toute nos misères, prendre la forme de pécheur, mener une vie souffrante et souffrir une mort honteuse pour nous; y-a-t-il un amour pareil? Mais qui pourrait aimer d’une manière tant suréminente » Il n-y a que Notre Seigneur qui soit si épris de l’amour des créatures que de quitter le trône de son Père pour venir prendre un corps sujet aux infirmités. Et pourquoi? Pour établir entre nous par son exemple et sa parole la charité du prochain ».

Que la joie et l’admiration du Fondateur devant le mystère de l’Incarnation et de la présence de l’Emmanuel au milieu de nous, puisse aussi aujourd’hui nous aider à célébrer ce mystère et le rendre vivant dans notre vie, car il a voulu nous appeler à partager sa mission d’aimer et servir les Pauvres.

 

P. Alvaro RESTREPO, c.m.

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