«La vie matérielle des Missionnaires
aux XVIIe et XVIIIe siècles»

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FAMVIN francophone, dans sa page d'histoire de la Famille vincentienne, vous propose un "feuilleton".

Chaque semaine, vous pourrez lire comment vivaient matériellement les Missionnaires aux XVIIe et XVIIIe siècles. Vous saurez d'où venaient leurs ressources, où ils se logeaient, ce qu'il mangeaient, comment ils s'habillaient, de quelle manière ils voyageaient, leurs maladies et leurs soins, la mort et les funérailles...

Qui sera le conteur de ce feuilleton ? Notre confrère, Monsieur Félix CONTASSOT qui nous a quitté depuis déjà vingt ans.

Claude LAUTISSIER

Qui était Monsieur CONTASSOT ?

En juin 1972, Monsieur Jean GONTHIER a consacré à Monsieur Félix Contassot, décédé le 6 mai, une notice de 62 pages (1). L’un des chapitres de cette notice est intitulé «Serviteur de l’Histoire». Le Père Gonthier rapporte le témoigne d’un confrère dont il ne donne pas le nom (2).

Ce confrère qui bénéficia alors (à son retour de Rome) de son aide courageuse et efficace a bien voulu évoquer, comme suit, cette tranche si spéciale de l’existence du Père CONTASSOT :
«Je l’ai connu à partir de 1932, à Beaucamp ; depuis, nous étions toujours restés en relations. Appartenant à la maison de Montauban, je suis allé plusieurs fois à Périgueux où j’ai passé quelques jours auprès de lui. J’admirais son amour de l’histoire, de l’histoire locale et de l’histoire de la Compagnie. Érudition solide, sans l’ombre de pédanterie ; volonté d’aider ceux qui travaillent dans le même sillon.

 

Élu Assistant, il vint à la Maison-Mère où nos relations, d’amitié devinrent plus étroites. J’ai assisté à la naissance de cette impressionnante série de monographies consacrées aux maisons de la Compagnie en France avant la Révolution : une cinquantaine de notices, de 60 à 80 pages en moyenne

Parti pour Rome en 1963, il revint en 1968 et là il se consacra au travail de réorganisation des Archives : il classa et répartit dans les casiers le stock des Archives qu’il avait fallu installer dans la grande salle du sous-sol au 97 rue de Sèvres (destinée primitivement aux Archives et que les circonstances avaient fait abandonner). Il tria, classa, étiqueta, avec une constance et une énergie que sa santé, somme toute fragile, ne semblait pas lui permettre.
Il passa le plus clair de son temps dans ce labeur d’Archives (en dehors des jours où des accidents de santé le contraignaient à suspendre son activité) pendant des années, depuis son retour en 1968.

Ce que j’ai pu admirer alors, en plus de sa puissance de travail, c’est sa lucidité d’esprit, fruit sans doute de ses études de droit canon, son souci de servir, d’être utile aux autres, à ceux qui sont susceptibles de tirer partie des Archives, son goût de l’effacement, du travail obscur. Ce qui lui plaisait dans son labeur aux Archives, c’était l’approfondissement des connaissances sur le passé : hommes et œuvres de la Compagnie. Ce n’est pas une formule poétique de dire qu’il y était guidé par un grand amour de la Compagnie. Si certaines “choses”et certaines personnes l’ont choqué, blessé, il a “encaissé” sans se laisser aller à tirer à boulets rouges contre les responsables, sans attaquer la Compagnie, sans ironiser sur son avenir.

Ses ouvrages ont consisté d’abord en des monographies sur les maisons de France avant la Révolution, travaux basés uniquement sur les pièces renfermées dans nos Archives, puis en un fichier du personnel de la Compagnie en France avant la Révolution (plus de 6.000 fiches), en des études synthétiques sur les œuvres de la Congrégation (avant la Révolution, toujours), sur la vie des confrères, vie spirituelle aussi bien que matérielle, enfin une bonne vingtaine de vastes œuvres sur divers sujets : correspondance de saint Vincent, études sur les Séminaires français aux XVIIe et XVIIIe siècles, diocèses d’origine des confrères, etc…

Étant à Périgueux, où il est resté 24 ans, Monsieur Contassot a beaucoup travaillé aux Archives départementales de la Dordogne : il en a tiré la matière de l'Histoire de la “Congrégation de la Mission de Périgueux” (congrégation locale instituée à l’imitation de la nôtre) et “l’Histoire du Séminaire de Sarlat” (cette dernière publiée dans les Annales (3)

A Rome, M. Contassot ne reste pas inactif : mise en fiches des Cahiers du Grand Conseil (XIXe et. XXe s), travaux canoniques préparatoires à l’Assemblée Générale de 1968-1969.
M. Contassot a beaucoup œuvré aussi pour les Constitutions des Filles de la Charité.
L’ensemble de ses œuvres, en un seul exemplaire, sur papier machine, occupait 1 m. 60 de rayonnage.
Je dois souligner son souci d’être utile par ses travaux : il acceptait qu’on le pillât, loin de s’en offusquer, il en était heureux, y voyant une preuve de l’utilité de ce qu’il faisait.

Vivant et travaillant avec lui, parfois à longueur de journée, pendant des années, je puis attester son égalité d’humour, sa gentillesse, (prouvée par des mots comme par des gestes charitables et délicats), son humilité, sa volonté d’effacement. Mais la grande leçon, c’est son amour de la Compagnie, de son passé, si bien mis en lumière par lui, du ce beau passé dans lequel il voyait le gage d’un avenir qu’il s’employa à préparer, de loin et indirectement peut-être, mais d’une manière certaine.

1) Secrétariat provincial de Paris, 1972.
2) De toute évidence, il s’agit de Monsieur Raymond CHALUMEAU.
3) Annales da la Congrégation de la Mission : tome 119-120, pp. 397-403 ; 629-678 ; tome 121, pp. 183-228 ; tome 122, pp. 165-175.

 

La vie matérielle des Missionnaires
aux XVIIe et XVIIIe siècles

par Félix CONTASSOT cm

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Dans le texte, les chiffres entre crochets inquiquent les pages du manuscrit de F. CONTASSOT

Avant-propos : But de cette étude

Ch. I. LES BIENS TEMPORELS DE LA CONGRÉGATION

1. Ressources financières
Fruits du ministère — Honoraires de messes
Fondations — coches — domaines
2. Aperçu général sur la situation financière
3. L'Administration du temporel

Ch. II. L'ENTRETIEN DES MISSIONNAIRES

1. Devoir des supérieurs
2. Les maisons :
Fondations
Adaptation, construction, ameublement
Divers locaux de la communauté

Chambres des missionnaires

Ch. III. SILHOUETTE DU MISSIONNAIRE

1. Silhouette générale
2. Habillement des prêtres et clercs
3. Habillement des frères coadjuteurs

4. Tenus extérieure :
5. Réactions des Assemblées et des Supérieurs généraux

Ch. IV. LA TABLE DU MISSIONNAIRE

1. Généralités
2. M. Vincent et la nourriture

3. Les repas et service
4. La boisson,
5. Régimes et invitations.

Haut

Ch. V. CHOSES ET AUTRES

1. Explication du titre
2. Tabac à priser
3. Des bains

4. Chant et musique
5. Les armes à feu
6. Les Jeux

Ch. VI. LES MISSIONNAIRES EN VOYAGE

1. Réseau routier en France
2. Occasions des voyages
3. Arrêts en cours de route

4. Les moyens de locomotion
5. Particularités des voyages

Ch. VII. AUTOUR DE LA SANTÉ

1. Vues générales sur l'état sanitaire
2. Le soin des malades
3. Maladies et remèdes
A) maladies

B) Remèdes
C) Recettes — Pharmacopée

Ch. VIII. MORT ET FUNÉRAILLES

1. Mortalité et longévité
2. La mort du missionnaire
3. Préparation à la mort

4. Ensevelissement
5. Funérailles
6. Registre des décès
7. Avis mortuaires
8. Suffrages
9. Conférences et notices.

SOURCES — Bibliographie

 

Dernière mise à jour : dimanche, 20 juin, 2004

Témoignage de Monsieur Jean SEGRET
Président de la Société
historique et archéologique du Périgord

Il nous appartient de souligner le travail historique qu’a fourni Monsieur CONTASSOT. Sans doute n’était-il pas prédestiné à devenir historien : il l’est devenu à la fois par goût et par une sorte de piété à l’égard de sa congrégation et du diocèse. Pour approfondir et éclairer sa fonction de Supérieur, il eut l’idée de rechercher ce qu’avaient pu être les Séminaire d’antan en Périgord. De fil en aiguille, de sondages en approfondissements, il se prit au jeu et mena à bien, avec de réelles qualités scientifiques, son travail de recherche. Ce n’était pas chez lui simple curiosité d’esprit ni dilettantisme, c’était vraiment le désir de savoir comment ses prédécesseurs, Lazaristes ou séculiers, avaient résolu des problèmes analogues à ceux qu’il affrontait dans une période difficile (mais quelle période n’est pas difficile en ce domaine ?) De sorte qu’en lisant, par exemple la monographie de Monsieur CONTASSOT sur le Séminaire de SARLAT, on est vraiment plongé dans l’ambiance du XVIlème, des directeurs, des élèves, on pénètre dans l’intimité de la petite ville épiscopale. Pour risquer une image chère à NEWMAN, l’historien n’avait pas seulement, en l’occurrence une connaissance notionnelle mais réelle : ce qu’il extrayait des archives devenait grâce à lui matière vivante et révélatrice.

Monsieur CONTASSOT a peu publié, étant peu enclin à briller et à paraître. Il publia, dans les Annales de la Congrégation de la Mission, en 1953 (t. 118) la Congrégation de la Mission à PÉRIGUEUX, en 1950, Saint Vincent de Paul et le Périgord ; en 1955, le Séminaire de SARLAT.

Par contre, d’autres travaux existent en des versions dactylographiées dont l’auteur a libéralement fait profiter ses amis la Bibliothèque des Archives, celle de notre Société, celle de l’Évêché. Ce sont la Congrégation de la Mission à PÉRIGUEUX, ou une communauté diocésaine périgourdine aux XVIIème et XVIIIème siècles (1646-1791) ainsi qu’un travail aussi précieux qu’ingrat : les Tables analytiques de l’histoire religieuse du Périgord dans le Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord (1874-1950), la Semaine religieuse de PÉRIGUEUX (1866-1950) le Chroniqueur du Périgord et du Limousin. Resterait à citer le Grand Séminaire de PÉRIGUEUX avant la Révolution ou la Grande Mission, important manuscrit qu’éditera notre Bulletin en l’accompagnant de plans et de dessins.