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III. Maladies et remèdes A) Maladies En guise de maladies, ne nous attendons pas à trouver mentionnées dans les document de lépoque, des maladies étranges, inconnues de nos jours. Les noms ont pu changer, mais les maux étaient les mêmes.
Ainsi, Monsieur Vincent nous parle de la punaisie,
maladie souvent ignorée de ceux qui en sont atteints, et quon
appelle punais. On mourait donc des mêmes maux que nous, actuellement, avec cette différence que les microbes et les virus dautrefois nétaient pas obligés, comme leurs modernes descendants, à changer de tactique ou à se transformer sous laction de la pénicilline ou des antibiotiques, inventant de nouvelles méthodes pour tourmenter les humains, ou, si lon veut, en produisant des maladies nouvelles. On ne parlait pas autrefois de leucémie, de poliomyélite, etc, etc Chaque saison amenait son cortège habituel de maux. Mais lhiver était particulièrement redoutable et redouté surtout des santés [230] délicates. A lentrée de lhiver 1640, Monsieur Vincent décrire à Mlle Le Gras : «Oh ! que je souhaiterais que vous fussiez en bonne santé ! Mais quoi ! voici lhiver ; il ny faut pas penser.» (II, 131). Parce que les remèdes du temps leur assuraient une existence de tout repos, les microbes des maladies contagieuses avaient la partie belle, et ils ne sen privaient pas. Il était une de ces maladies, trop fréquente, en fort mauvaise réputation, si bien quon lui attribuait tous les méfaits : cétait la peste, nom générique sous lequel il fallait entendre toutes les épidémies de typhus, choléra, variole, fièvre typhoïde, en sorte quil nest pas toujours aisé de savoir de quelle variante il sagit dans les textes du temps. La peste résidait à létat endémique et clé temps à autre faisait plus particulièrement parler delle. En 1635 et 1636, il y en eut de nombreux cas à Paris, et plusieurs à Saint-Lazare en furent atteints. Dans léventualité que le fléau atteigne le
diocèse de Cahors, Monsieur Vincent expose à lévêque
Alain de Solminihac ses devoirs en la circonstance, et dans quelle mesure
il convient de sexposer en visitant et assistant les pestiférés.
(IV. 520). LItalie, à Gênes et à Rome, ne fut pas épargnée ; les confrères sy dévouèrent à ladmiration de tous, et nombreux furent ceux qui, à diverses époques, payèrent leur zèle de leur vie. La contagion y sévissait encore en 1714, et M. Bonnet espérait quelle cesserait avec le retour du froid (Circ., I. 284). Voulons-nous savoir comment la peste opérait, ce quon essayait
pour tenter de lenrayer, il nest que de lire ce passage dune
lettre de Monsieur Vincent au sujet de Marseille : La malaria était encore un autre fléau propre aux
lieux habités par les moustiques des marais et eaux stagnantes. Malheureusement, ces recettes magiques ne nous ont pas été
conservées. Nétait-ce pas la grippe, cette bonne petite grippe,
pas toujours bien méchante, à laquelle nous sommes accoutumés,
chaque automne, que Monsieur Vincent dénonçait sous le nom
de rhume, lorsquil écrivait, en 1657 : Et cest encore probablement de la grippe quil sagissait,
lorsquen novembre 1636, il rapportait que tous les malades de Saint-Lazare
étaient hors de fièvre, et, depuis, par la grâce de
Dieu, quil nétait point arrivé dautre
accident (I, 360). On sait que Monsieur Vincent fut, toute sa vie durant, tourmenté par la fièvre (qui était peut-être du paludisme contracté à Tunis). Il semblait faire bon ménage avec elle, puisquil en parle
avec une certaine tendresse : «Mes petites fiévrottes
ne sen vont point encore ; vous savez quelles sont un
peu longuettes», mande-t-il, en 1634, à Louise de Marillac
(I, 313). Vers 1636, Monsieur Vincent mande à Louise de Marillac : «Ma petite fiévrotte est, comme vous dites, double-tierce ; mais vous savez quen cette saison je lai pour lordinaire double-quarte et lai déjà eue telle cet automne». (I, 581). Une autre fois, à la être : «Ma petite fièvre est tierce ; voici le troisième accès. Elle me prit le soir que jeus le bien de vous voir, pour être descendu au réfectoire incontinent après avoir rendu le petit remède que je pris. Le premier accès môta le sommeil tout à fait. Le lendemain, comme depuis, je me provoquai à suer, qui a fait que les accès sont diminués, avec ce que jai été saigné deux fois, de sorte que celui que jai à présent est fort doux». (I,587). Plus pernicieuse était la fièvre dite pourpreuse, probablement la scarlatine ou la rougeole, dont moururent plusieurs missionnaires entre autres M. Jean de la Salle, après 14 jours de maladie. (I. 595) Dans la Vie de M. Jolly, on rapporte ce fait : «Ayant envoyé en 1689 un prêtre de la compagnie pour soulager quantité dAllemands prisonniers de guerre à Châlons-sur-Marne, qui mourraient presque tous dune maladie pourpreuse fort maligne et qui se gagnait aisément, il eut soin de faire faire un pestifuge et de lenvoyer au supérieur de cette maison, lui ordonnant den faire prendre non seulement à ce prêtre qui était toujours exposé, mais encore à toutes les personnes de la famille, de crainte que par la conversation familière avec ce cher confrère, ils ne vinssent à être frappés de quelque vapeur maligne.» (p. 77). À cette époque, on entend encore parler de pleurésie (V, 476), mais beaucoup plus souvent de tuberculose quon appelait alors la pulmonie, et les tuberculeux : les pulmoniques. (VI, 256). Cette maladie était fréquente. cest de celle-ci quétait mort lun des premiers disciples de Monsieur Vincent, le bon M. Pilé, qui souffrait habituellement de la poitrine et des poumons. Vers la fin de ses jours, dit M. Vincent, «il alla toujours diminuant en force et croissant en peine, à cause que son mal de poitrine loppressait plus que jamais et en telle manière quen peu de jours, il ne put aucunement se tenir sur les pieds ni saider de ses membres ; et, qui plus est, il commença tôt après à cracher les poumons». (II, 349). [232] Cest probablement aussi une attaque de phtisie qui emporta le clerc Jamain, mort à Saint-Lazare, en 1645, et dont Monsieur Vincent disait : «Le mal le saisit tout à coup, le quatrième dimanche de carême. Cétait une colique fort violente, qui au bout de quelques jours se changea en une inflammation du poumon, qui en fut bientôt pourri». (II, 514). Plus sûr et plus explicite est le cas de M. Houbert, de qui M. Bonnet disait, «quaprès plusieurs crachements de sang, il sétait trouvé atteint dune fièvre lente, dune toux sèche, et des autres symptômes de la pulmonie et de la phtisie, en quoi, il y avait peu despérance ni même dapparence de guérison». (Circ., I, 325). Létudiant Jean-François de la Guizardie, justifie à sa manière, le dicton qui affirmait que la tuberculose était la mort des prédestinés. Atteint de ce mal, il se prépara à la mort avec soin, lenvisageant avec tranquillité, même avec joie, nous dit sa notice ; qui ajoute ce détail : «Comme les pulmoniques conservent une parfaite connaissance jusquau moment quils disparaissent, il alla la veille de sa mort à la chambre de son supérieur pour le remercier de ses charitables soins». (Not. abr., 97). On navait pas, ce semble, une idée exacte de la tuberculose
et de son prodromes, si on en juge par ce quon lit dans la notice
de M. Caschod, mort en 1706 : La dysenterie et la simple diarrhée nétaient pas phénomènes inconnus. En 1637, Monsieur Vincent recommande aux prières de la Présidente Mme Goussault six ou sept personnes malades de Saint-Lazare, et la plupart de dysenterie (I,389). Nous savons par M. Bonnet que M. Appiani mourut, en Chine, de dysenterie. «Tout malade quil était dun flux hémorroïdal, écrit-il, celui-ci dégénéra dans peu en une dysenterie fermée, à laquelle se joignit une fièvre continue», et ce fut la mort (Circ., I, 412). On rapporte dans la Vie de M. Alméras, quun prêtre de Saint-Lazare ayant une dysenterie fort invétérée et qui le mettait en danger de sa vie et même de communiquer ce mal à ceux qui le visitaient, M. Alméras voulut laller voir, nonobstant que linfirmier len dissuadât autant quil pût, lui représentant quétant infirme comme il était, il y avait plus de danger pour lui et quil prendrait plus aisément le mal de ce prêtre ; et comme il vit que linfirmier insistait beaucoup sur cela, il lui dit dune manière douce et forte : «Allez, mon frère, ne craignez point, jai un bon antidote", et il sen alla voir ce malade, avec lequel il sentretint longtemps sans quil lui en prit aucun mal ; ce qui fit dire au même prêtre infirme que lantidote que M. Alméras avait pour se garantir était une grande foi et une ardente charité». (Vie de M. Alméras, p. 67) En 1659, Monsieur Vincent demandait des nouvelles dun des missionnaires
souffrant de diarrhée, et il disait : Monsieur Vincent nignorait point que la gale était une maladie contagieuse. Parlant dune petite pensionnaire à une supérieure de communauté, il lui disait quelle pourrait la reprendre, si elle navait pas dautre raison que sa gale pour la rendre à ses parents, mais à condition que son père donnât à cette enfant un lit pour y coucher seule. (IV. 233) A côté des maladies infectieuses, les maladies organiques ne manquent pas surtout en cette époque de pléthore alimentaire. Dabord les maladies du foie. «Un épanchement de bile, qui résista à tous les efforts de lart, conduisit M. Holleville au tombeau», nous dit M. Pertuisot (Circ., II, 187). La goutte aussi était une maladie assez commune. Un des anciens compagnons de Monsieur Vincent, M. Bécu en souffrit de longues années (III, 123). M. Vincent disait au pluriel : «M. Bécu est au lit pour ses gouttes.» (V, 580). Il y eut des cas de scorbut ; plusieurs missionnaires en moururent. [233] Nombreux sont aussi les cas dhydropisie, soignés par des ponctions, et ceux dapoplexie. Pierron et Couty sont morts de cette dernière maladie. Certains eurent plusieurs petites attaques successives. M. de Bras fut probablement emporté par une prostatite.
Cest ce qui ressort de ces lignes écrites par M. Jacquier : La gravelle fit aussi des victimes. Le frère Jean Vacquier, originaire de Sarlat, «fut affligé pendant une quinzaine dannées de cette maladie, qui le fit beaucoup souffrir, et il fut emporté par une fièvre continue et très violente. Après sa mort, le chirurgien de Saint-Lazare demanda à faire lautopsie : on lui trouva la rate toute pourrie, le rein gauche ulcéré, et dans sa capacité deux pierres, dont lune était grosse comme une fève, et lautre comme un uf de poulette, en sorte quil neût pas été possible de la tailler, sans lui ôter la vie.» (Circ., I, 411) Quelques malheureux subirent cette opération de la pierre ; nous dirons plus loin ce quétait la chirurgie du temps. La sciatique était aussi une maladie connue. M. de la Salle en souffrait et à cause de cela il ne pouvait faire du cheval. Cette maladie nous permettra de citer un fait, que lon croirait
extrait des Fioretti, et qui est rapporté dans
la notice du frère Nicolas Rignord, mort à Manosque, en
1743, à lâge de 89 ans. Si les choses se sont vraiment passées de la sorte, il faut reconnaître que le bon Dieu est bien complaisant ! M. Jacquier rapportait ainsi les circonstances de la maladie de M. Jacques Davelu : «Un corps sain et très robuste nous annonçait de longs jours ; mais un engorgement dans le boyau qui reçoit les aliments digérés par lestomac, a résisté à tous les remèdes. Des médecins très habiles, qui le soupçonnaient et qui lont connu certainement après la mort, nous ont dit quil aurait fallu un miracle pour le guérir.» (Circ., II, 181). [234] De nos jours, une opération aurait eu raison de cette occlusion
intestinale, si elle nétait pas dorigine cancéreuse. Le cancer existait, peut-être pas aussi fréquent quaujourdhui, mais il revêtait toutes les formes connues : cancer du sein (Rel. abr. 166), cancer à lanus. (IV, 513, 514) . Monsieur Vincent paraît bien renseigné sur ce mal ; on lira avec intérêt des conseils très avisés quil donnait à ce sujet. En 1650, il mandait au supérieur de Gênes à propos dun missionnaire malade : «Faites-moi savoir, sil vous plaît, la qualité de son mal, les accidents et les circonstances, afin que je le fasse consulter à Paris. Si cest une loupe, quil se garde bien dy faire toucher par les chirurgiens ; il vaut mieux quil la supporte avec patience que de se mettre en danger dun plus grand mal. Il y a un homme en cette ville qui en a une presque aussi grosse que sa tête, laquelle il porte en écharpe». Et Monsieur Vincent rapporte ensuite quun lieutenant civil avait une petite loupe au col, et que pour sen défaire, il y avait fait faire une petite incision et ensuite couper beaucoup de chair en diverses fois ; ce qui a envenimé le mal, au point quil est à craindre quil ne se convertisse en cancer. (IV, 95). Cest ainsi que mourut, plus tard, M. Jacques Hiriard, le 25 octobre
1733, à lâge de 39 ans. On lit dans sa notice : Une autre maladie organique assez fréquente était les ulcères. Monsieur Vincent a longtemps souffert lui-même dulcères à la jambe et tout particulièrement dans les dernières années de sa vie. Il conseillait les remèdes appropriés aux missionnaires atteints du même mal. (VII, 250). Un missionnaire de Pologne, M. Nicolas Duperroy, tomba malade, en 1657, dun ulcère à lestomac, ou comme dit Monsieur Vincent, il eut lestomac ouvert dun abcès (VI, 330) avec épanchement à lextérieur par deux plaies ou fistules, et bientôt une troisième. On lui fit diverses opérations, jusquà lui mettre le feu sur le bout dune côte cariée (XI, 410). Finalement, les chirurgiens ne surent plus que faire (VI, 427). La nature fit mieux que les médecins, et après plus de 18 mois, où M. Duperroy fut entre la vie et la mort, ses plaies finirent par se fermer et il entra en voie de guérison. (VIII, 168). Nous avons relevé quelques cas dépilepsie et au moins un cas de ténia. La notice du frère Pierre Deschâteaux nous dit que ce bon frère «traînait depuis plusieurs années, souffrant de douleurs intérieures qui lavaient beaucoup maigri. Un an avant sa mort, il avait rejeté un ver dune prodigieuse longueur. On crut alors que cet animal pouvait être la seule cause de sa maladie, et on espéra quen étant délivré, il pourrait se rétablir. Mais, soit quil en restât dautres, soit que son mal eût dautres principes», il continua de saffaiblir et il mourut (Not. abrégées, 105). Une des spécialités de notre siècle dagitation, où la vie nest plus à la taille de lhomme, est le nombre de plus en plus croissant des névroses et des maladies mentales. En un temps, où la vie au plein air, et plus modérée, favorisait davantage léquilibre nerveux, les cas de ce genre paraissent avoir été beaucoup plus rares. [235] Crise de névropathie, tel parait avoir été le cas de M. Marc Coglée, ainsi quil ressort des renseignements fournis sur lui par Monsieur Vincent, alors que Coglée songeait à quitter la Compagnie. Nommé supérieur en Savoie, M. Coglée prétendait sen aller, parce que, dit le saint, il croyait «quon se défiait de lui, que la plupart des personnes qui étaient là avaient charge de moi de lépier, que cen était de même à Saint-Lazare, quand il y était. Et il alla si avant que de dire que je lui avais écrit des lettres où il y avait des caractères entrelacés, par lesquels je lui faisais connaître quil serait un jour évêque. En quoi et en quelques autres choses il fit voir quelque petite altération en son esprit ; ce qui a fait appréhender au visiteur que ceux du dehors sen aperçussent. Et pour cela il mécrivit en diligence pour le rappeler à Paris ; ce que jai fait». (VII, 570). M. Dufestel était un malade de ce genre. Monsieur Vincent écrivait au supérieur de ce confrère : «Il faut donc attendre, Monsieur, que la nature se délivre tout doucement de lhumeur qui loppresse. Il faut que je vous avoue que je suis du sentiment du médecin qui le traite, quil ne faut pas presser à légard de cette sorte de maladie. Jespère que le souverain médecin sera à lui-même sa guérison, sinon du jour au lendemain, du moins peu à peu». (I, 540). Monsieur Vincent nignorait point les relations étroites
entre le physique et le moral. Il mandait au supérieur de Tunis : Qui nadmirerait ce trait de sublime charité attribué à M. Alméras ! Un frère qui était malade desprit autant que de corps, estimait que pour faire pénitence de ses péchés, il devait pratiquer une abstinence extraordinaire, de sorte quil ne voulait plus manger et était en danger de mourir de faim. M. Alméras le fit venir dans sa chambre pendant plusieurs jours, quoiquil fût pour lors très incommodé ; et après lavoir repris charitablement de son opiniâtreté, et lui avoir représenté lillusion dans laquelle il était tombé, il lobligea de travailler en sa présence pour le divertir de cette humeur mélancolique et le fit dîner et souper à sa table, lobligeant de manger selon son besoin, ou de prendre tous les matins un bouillon ou quelque chose. (Vie de M. Alméras, p. 67). M. Bonnet nous signale encore un cas de névropathie bien connu, qui se traduit par des scrupules excessifs. Parlant de M. Abot, il dit quayant été reçu au séminaire dAngers, ce confrère «ayant été éprouvé par de très grandes peines desprit, et des scrupules très vifs et très pressants, on lenvoya à celui de Saint-Lazare, pour essayer de le guérir de si affligeantes et si dangereuses maladies. Les supérieurs de cette maison y employèrent sans grand succès tous les remèdes ordinaires et extraordinaires, et, enfin, il guérit, fort subitement et parfaitement par une neuvaine quon lui conseilla de faire sur le tombeau de notre bienheureux Père, après laquelle il neut plus de peine à se laisser conduire». (Circ., I, 380). Les cas les plus graves conduisent à la folie, et Monsieur Vincent, à propos dun prêtre aliéné, enfermé à Saint-Lazare, nous explique doù vient cette triste maladie : «Cette maladie lui vient dun excès de mélancolie qui lui envoie au cerveau des vapeurs âcres, dont il a été tellement affaibli, quil est retombé en ce mauvais état». (XI, 20). Comment se comportait-on alors à légard des pauvres fous ? Deux cas nous le font savoir. En 1651, à Saint-Méen, un frère fut atteint de cette infirmité. Monsieur Vincent écrivait au supérieur : «Apportez les remèdes possibles à son mal. Sil se rend par trop fâcheux, enfermez-le ; votre maison est assez grande pour y trouver un petit coin.» V, 257). Un cas plus tragique fut celui de M. Escart, dont Monsieur Vincent disait : «Nous lavions enfermé comme un fol, et en effet il avait perdu lesprit ; ce quil ne fit que trop voir après sêtre échappé, car, sen étant allé en son pays, il y tua de sang-froid un autre prêtre, qui était son ami, et, étant allé à Rome pour avoir labsolution [236] de ce crime, il y est mort». (VII, 494). Si, sous linfluence dun dérangement de lesprit, lun des nôtres venait à senfuir, Monsieur Vincent était prêt à le recueillir. Il disait à propos dun pauvre frère : «Nous sommes bien affligés de la faiblesse desprit du pauvre frère Pinson et de sa sortie. Mon Dieu ! où sera-t-il allé ? Il ne sest pas présenté ici, et, sil y vient, ce nous le reverrons avec joie». (VIII, 45). Monsieur Vincent soccupa même une fois dun ivrogne à guérir, dont on ne connaît pas la condition. Il le confia au supérieur de Crécy lui disant : «Il vous dira les raisons pour lesquelles il fait cette retraite ; et entre autres celle-ci : que dans Paris il est sujet daller au cabaret. Or, afin que cela ne lui arrive pas à Crécy, vous prendrez garde à lui, sil vous plaît». (VII, 617). Pour terminer cette question sur les maladies, un fait qui nous a frappé,
est que lon ne signale que très peu de cas de mort subite
ou de maladies de cur, du moins pour ce qui concerne nos
missionnaires. Ce nest pas comme de nos jours ! Passons maintenant aux remèdes employés pour combattre les maladies. |