LE RECRUTEMENT Félix CONTASSOT cm Table des matières et LIENS III. Origine du recrutement français (16-19)Diocèses recruteurs Sur les 135 diocèses qui formaient la France de l'Ancien Régime, 120 ont fourni des sujets à la Mission, mais dans des proportions si variées. qu'il ne faut pas se méprendre sur l'implantation de la Congrégation de la Mission en France. De ces 120 diocèses, en effet :
La Congrégation ne s'est donc recrutés à proprement parler que dans une quarantaine de diocèsess dont nous donnons ci-dessus les noms et dans l'ordre d'importance de leur apport :
Du vivant de saint Vincent, les diocèses voisins du berceau de la Congrégation, fournissent le plus gros apport : Amiens, Arras, Beauvais, Chartres, Reims, Rouen, Sens ainsi que les régions où se trouvent des Maisons de la Mission : Le Mans, Richelieu, Saint-Méen, Sedan, Toul et Tréguier. La plupart de ces diocèses continuèrent jusqu'à la Révolution à fournir un recrutement appréciable ; certains d'entre eux, cependant, même celui de Paris, ne soutinrent pas régulièrement les promesses du début. De nombreuses fondations de maison et l'institution des divers séminaires internes, notamment ceux de Lyon et de Cahors, étendirent sensiblement le champ du recrutement. Celui du séminaire de Lyon fut assuré par la région lyonnaise, les diocèses du Puy, d'Annecy et quelques autres. Le Séminaire de Cahors centralisa les recrues des diocèses de Cahors, Agen, Montauban, Rodez, et d'autres encore. Progression du recrutement Quand on examine l'origine territoriale des recrues fournies par chaque diocèse du temps des divers Supérieurs généraux, on constate que l'impulsion donnée à ola Compagnie par Monsieur Vincent, produite encore ses fruits dans les mêmes diocèses et sans, grand changement pendant la généralat de son successeur, M. Alméras. Pendant le généralat de M. Jolly, s'accuse un net accroissement des effectifs et y concourent principalement les diocèses d'Agen, Amiens, Angers, Bayeux, Boulogne, Cahors, Coutances, Évreux, Langres, Le Mans, Lyon, Noyon, Paris, Rodez, Rouen, Saint-Flour, Saint-Malo, Trèguier et Vienne. Du temps de M.Pierron, les diocèses de Sarlat et de Tréguier se font remarquer. Si le généralat de M. Watel n'offre rien de saillant, par contre celui de son successeur, M. Bonnet, offre un très net progrès sur le passé. A lui seul, il totalise presque un cinquième de l'effectif total. La plupart des diocèses recruteurs sont au montée sensible : Agen passe de 5 recrues à 39 ; Amiens de 9 à 37 ; Arras de 17 à 41 ; Bayeux de 3 à 16 ; Besançon de 7 à 82 ; Cahors de 6 à 61 ; Langres de 2 à 18 ;Le Mans de 3 à 20 ; Lyon de 26 à 81 ; Reims de 9 à 34 ; Saint-Malo de 6 à 24 ; St-Pol-de-Léon de 1 à 34 ; etc. Annecy donne 10 sujets, Dijon 12 et Saint-Omer 15. [18] Pendant le généralat de M. Couty, Boulogne et Toul se distinguent, et pour celui de M. Debras, ce sont les diocèses d'Amiens, Besançon, Béziers, Boulogne, Cambrai, Lyon, Reims, Saint-Omer et Toul. On a vu plus haut la montée en flèche des effectifs du séminaire interne de Paris au temps de M. Jacquier. De fait, plusieurs diocèses contribuent alors au progrès du recrutement. Agen passe de 9 sujets à 26, Besançon de 13 à 91 ; Boulogne de 34 à 47 ; Langres de 4 à 13, Lyon de 43 à 55 ; Metz de 4 à 24 ; Noyon de 2 à 11 ; Paris de 16 à 39 ; Rodez de 6 à 15; Toul de 43 à 51 ; Vienne de 1 à 12. Entre tous ces diocèses, une place à part est à faire à celui de Besançon, le quatrième dans l'ordre du classement -et qui, au XVIIIe siècle, fut le grand diocèse recruteur de la Congrégation. Pendant le généralat des cinq premiers Supérieurs généraux (1625-1710), il n'avait fourni que 22 missionnaires ; à partir de M. Bonnet, il en présenta 195. Or, constatation assez curieuse, il n'y avait pas d'établissement de la Congrégation dans cette région. Il serait intéressant de connaître la cause de ce recrutement. Proportion des prêtres et des frères Dans l'examen de cette question de l'origine du recrutement de la Mission s'impose également la remarque que nous avons déjà eu l'occasion de faire, si l'on veut porter une plus juste appréciation sur la nature du recrutement opéré en ces divers diocèses. Les chiffres cités comprenant l'ensemble des missionnaires : prêtre, clercs et frères. Si on considère chaque catégorie en particulier, le rendement des diocèses se présente sous un jour quelque peu différent. La proportion des prêtres et clercs comparativement aux frères coadjuteurs est relativement forte en quelques diocèses :
En plusieurs autres diocèses, la proportion des frères est assez forte. Ainsi :
Enfin, certains diocèses fournissent nettement plus de frères que de prêtres.
Un grand nombre, de frères a été recruté dans les diocèses voisins de Parts. où la Maison-Mère avait quelques domaines importants et où les bandes de missionnaires ne cessaient de porter la parole de Dieu au peuple des campagnes. La seule maison de Sy-Lazare avait besoin de nombreux coadjuteurs pour assurer les services généraux et l'entretien de ses immenses bâtiments et ses dépendances. En 1719 et 1722, les frères y étaient au nombre de 80, alors qu'il n'y avait que 35 à 40 prêtres et une centaine d'étudiants et séminaristes. En 1789, St-Lazare [19] possédait 70 frères, dont 44 au dessus de 50 sas, et 3 frères séminaristes. D'où il ressort que le recrutement des frères était fort en baisse. Sources de recrutement Traiter de l'origine du recrutement des membres de la Congrégation, ce n'est pas seulement considérer leur origine territoriale, mais ce peut être aussi rechercher à quelles sources est alimenté ce recrutement, de même que les causes qui ont contribué à l'assurer. De nos jours, les Ecoles apostoliques pourvoient en majeure partie au recrutement de la Mission, en France. Cette formule, de date récente, s'est imposée comme une nécessité, lorsqu'au début de ce siècle, les sources traditionnelles de recrutement, séminaires et collèges, se sont peu à peu taries du fait de la raréfaction des vocations religieuses et sacerdotales, conséquence de la déchristianisation et du laïcisme envahissant. Avant la Révolution, alors que la Congrégation de la Mission dirigeait en France seulement 62 séminaires, grands et petits, le clergé séculier formé par les Lazaristes a fourni un apport appréciable, sinon le principal, au recrutement de la Mission. En outre, les 17 paroisses et les 41 maisons de mission dirigées aussi par les Lazaristes, leur fournissaient de nombreuses occasions d'éveiller et d'orienter les vocations, notamment des frères coadjuteurs, et ils le firent avec quelque succès. Table des matières et LIENS |