Présentation de la Congrégation de la Mission

Quelques repères historiques
Depuis Vincent de Paul et jusqu'au XVIIIème siècle, la Congrégation de la Mission connaît un développement ininterrompu. Les Lazaristes, 25 en 1632, seront 770 à la Révolution, en France, en 1792 (508 prêtres et 262 frères), et 220 séminaristes se préparaient à devenir missionnaires
En 1792, tous sont dispersés par le décret de la Convention sur la suppression des Ordres religieux. 24 seront massacrés ou mourront sur les pontons.

La Congrégation est rétablie par Napoléon en 1804, et 70 Confrères ses rassemblent. A nouveau supprimée en 1809, elle sera rétablie par la Restauration en 1816.

Les vocations augmentent régulièrement pendant tout le XIXème siècle, ce qui permet d'ouvrir bien des maisons en France, pour les missions paroissiales, les Grands Séminaires, la formation des Lazaristes, en même temps que de relancer les Missions en Asie, surtout en Chine, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud.
Au XXème siècle, la séparation de l'Église et de l'État, en France, provoqua un coup d'arrêt, la Congrégation n'obtenant d'être reconnue qu'au titre de la représentation française à l'étranger. Mais la Congrégation resta vivante dans le monde entier.

En France, l'après-guerre a vu les Lazaristes lancer dans les banlieues ouvrières les "missions sous la tente", autour du Père Édouard Rocher. Puis une mission lazariste a été ouverte au Cameroun

Effectifs
Dans le monde, les Lazaristes sont 3.829, répartis en 516 communautés sur les 5 continents.
En France, on comptait en début 2013 : 146 Confrères, 97 pour la Province de Paris et 49 pour celle de Toulouse.
Ces deux Provinces tiennent des missions à l'étranger : Paris a des maisons au Cameroun, Canada, Turquie, Grèce et Vietnam, et Toulouse a en charge l'Iran. La mission en Algérie est inter-provinciale. Au Cameroun et au Vietnam les vocations sont assez nombreuses.

Statut
La Congrégation de la Mission (C.M.) est une "Société de vie apostolique". Elle est gouvernée par l'Assemblée Générale tenue tous les six ans, et un Supérieur Général, résidant à Rome et aidé de quatre Assistants. Les Assemblées Provinciales ont lieu tous les 3 ans. Les Constitutions et Statuts ont été approuvés par Rome en 1984.
La Congrégation de la Mission comprend des prêtres et des laïcs, les uns et les autres consacrés, par des vœux, à l'évangélisation des pauvres.
Saint Vincent a donné à ses disciples la pratique de cinq vertus : humilité, simplicité, douceur, mortification et zèle, disposition intérieures indispensable au missionnaire de l'Évangile.
 
Organisation
Les supérieurs veillent à la mise en pratique des Règles, Constitutions et Statuts, ainsi que des directives d'action élaborées par les Assemblées. Le Supérieur Général institue les Provinces ; il les visite, par lui-même ou ses Assistants. Le Supérieur Provincial est appelé "Visiteur", son rôle est de promouvoir l'action missionnaire de la Province, de nommer les supérieurs locaux et d'affec
ter les confrères. Les supérieurs locaux sont responsables de la mission et de la vie communautaire de leur maison.

 
Les activités en France
* L’œuvre principale reste celle voulue par Saint Vincent : les missions populaires, avec le souci de former les laïcs ; cela se fait d'une part par des temps forts de courte durée (trois à cinq semaines), et d'autre part par une imprégnation longue (6 à 10 ans), sur l'ensemble d'un secteur.
* Paroisses et pèlerinages existent aussi, dans le même esprit d'accueil et de formation. Citons le pèlerinage à Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, au 140 rue du Bac, chez les Filles de la Charité, animé par les Missionnaires et les Sœurs.
* La participation à la formation des laïcs et du clergé : présents par trois confrères dans les Grands Séminaires et à l’Institut Catholique de Paris, nous participons aussi à diverses instances de formation des laïcs, dans le cadre des diocèses ou des Mouvements, par exemple, les Équipes Saint Vincent (anciennes Confréries de la Charité), la Société de Saint Vincent de Paul, la Jeunesse Mariale. Ces Mouvements sont autonomes, les Lazaristes y sont conseillers spirituels.
* Plusieurs Confrères sont au service des exclus ou des oubliés de la société : prisonniers, gitans, réfugiés, handicapés.
* Enfin, nous avons signalé les Missions en terres lointaines.

Formation
Les futurs Lazaristes suivent à peu près le même cursus que les séminaristes diocésains :

1° Temps de préparation
Durant un an au moins, au rythme de cinq week-end par an, le Service des Vocations propose, dans chacune des deux Provinces, un approfondissement de la Foi et une présentation de Saint Vincent et de la Congrégation.

2° Premier Cycle
Après une année de spiritualité, les candidats qui se destinent au ministère presbytéral étudient sur deux ans philosophie et psychologie dans un grand séminaire ou un institut. Ils y approfondissent la connaissance de la foi. Chacun est relié à une communauté lazariste, qu'il fréquente durant les vacances. Il fait des séjours en famille. Cette étape débouche généralement sur un stage de travail ou d'études.
Pour les candidats Frères, cette étape est celle du Postulat, dans une communauté.

3° Séminaire Interne
C'est l'équivalent du noviciat des religieux ; il dure un an. Il comporte un temps ensemble dans une communauté spécifique et un temps dans une communauté active. Les candidats se préparent à un premier engagement en approfondissant leurs connaissances de la spiritualité en général, de saint Vincent, de l'histoire de la Congrégation ; ils découvrent les activités de "mission" et s'y associent. Ils participent aussi au service corporel des pauvres.

4° Deuxième Cycle
C'est le temps de préparation au ministère presbytéral. En même temps qu'il s'efforce de vivre son engagement vincentien, le candidat qui se destine au sacerdoce fait les études de théologie à Orléans. Tous ceux qui le peuvent préparent les diplômes universitaires. Ces études durent trois ans au terme desquelles le candidat est ordonné diacre.
Quant aux candidats Frères, ils peuvent aussi reprendre ou entreprendre des études professionnelles ou d'ordre pastoral.
Tout candidat, séminariste ou frère, peut au bout de deux ans prononcer son engagement définitif par les vœux.

5° Année diaconale
C'est la dernière année de formation au presbytérat, avec un programme plus orienté vers la pratique pastorale, les sacrements, les divers Mouvements d'Église. Elle se fait dans une communauté missionnaire. Au terme de cette année, normalement, a lieu l'Ordination Sacerdotale.
Au total, il faut compter un minimum de 9 ans de cheminement et de formation.

Claude LAUTISSIER cm