MARIE-ANDRE

Apostolat de la Presse, 46 rue Dufour, 75006 PARIS - 1953

SŒUR ROSALIE

VII

SŒUR ROSALIE
DURANT LES RÉVOLUTIONS (1830-1848)

“Ils ont faim. C’est leur excuse”.

Sœur Rosalie menait paisiblement sa vie magnifique de servante de Dieu et des pauvres, faisant siennes leurs souffrances, se taisant sur leurs vices. Toutes ses journées étaient remplies, minute par minute. De même qu’elle ne connaissait et ne connut jamais de Paris que le quartier qu’elle habitait, elle glissait à travers les grands événements de l’époque : avènement de Louis XVIII, couronnement somptueux de Charles X à Reims, prise d’Alger, bals à la cour… ne critiquant rien voyant tout au point de vue se ses pauvres excités par une presse fanatique et anticléricale et par les meneurs professionnels, tandis que d’autres ne pensaient qu’à jouir.

Durant [61] le terrible hiver de 1830, un bal de charité fut organisé pour venir en aide aux malheureux. Ces mots accouplés ne sont-ils pas une injure à l’Évangile, en même temps qu’au bon sens ? N’était-ce pas exaspérer les indigents dont la situation devenait de plus en plus dure ? Le travail manquait, c’était la misère effroyable. Les agitateurs excitaient cette foule misérable, la presse faisait le reste. A chaque révolution, “le peuple n’est-il pas toujours la dupe et la victime de ces sanglantes comédies ?” Certes, en 1830, la situation pour les religieuses était dangereuse et Sœur Rosalie prépara même un refuge éventuel pour ses filles. Mais, résolue à ne quitter Paris que s’il le fallait absolument, elle usait de son influence pour calmer les esprits échauffés. Ils l’écoutaient parce qu’ils l’aimaient, mais durant les longues heures passées dans les cabarets, d’autres voix que la sienne dominaient ces hommes crédules.

En 1830, un vieillard auquel elle apportait des bons de pain, la reçut en ces termes : “Merci, ma Sœur, je n’en ai plus besoin. Demain, nous allons piller l’Archevêché”.

Sœur Rosalie prévint aussitôt Mgr de Quélen et lui offrit de le cacher. Il ne fut pas le seul. La maison de la rue de l’Epée-de-Bois abrita aussi bien des prêtres que des soldats blessés et des civils apeurés. A ceux qui, indignés, accu [62] saient les insurgés, elle répondait : “Ne les accablez pas. Ils sont les dupes de mauvais chefs. Ils ne sont pas si mauvais, croyez-moi. Pas un dans cette maison n’oserait vous toucher, moi présente”.

Toujours elle les défendait. Passant dans une rue alors que la police tapait dur sur quelques individus : “De grâce, ne les brutaliser pas, dit-elle. Ils ont faim, c’est leur excuse”.

“Cessez le feu”.

De sa Maison où elle veillait à la sécurité de ceux qui s’étaient confiés à elle, elle courait sur les lieux des émeutes, s’interposant entre les combattants, ramassant ceux qui tombaient, à quelque parti qu’ils appartinssent. Tour à tour, les soldats du service d’ordre et les révolutionnaires lui criaient :

— Sauvez-vous, ma Sœur. Vous allez vous faire tuer.

Cible vivante, la cornette continuait à voleter, indifférente au danger :

— Croyez-vous que je désire vivre quand on massacre mes enfants

Elle monta même sur les barricades, risquant la mort et criant hardiment :

— Cessez le feu. N’ai-je pas assez de veuves et d’enfants à nourrir ? [63]

Dominés par le courage et la pitié de cette femme, les insurgés abaissèrent leurs fusils. Si l’émeute se prolongea, au moins cessa-t-elle dans le quartier de Sœur Rosalie.

“Les révolutionnaires les plus farouches lui obéissaient comme les petits enfants dans une salle d’asile”.

Un agent pris à parti, sentant sa vie en danger, fit chercher Sœur Rosalie. Elle raisonna les émeutiers qui s’éclipsèrent.

Les jeunes orphelines, apeurées, disaient à leur Mère :

— On va venir mettre le feu ici.

— Ne craignez pas, mes petites, il ne vous arrivera rien.

Au lieu d’incendier la maison, de braves gens du peuple montèrent la garde à l’entrée jour et nuit, durant un mois. Ils le firent si consciencieusement que l’aumônier du couvent, en civil, venu de grand matin pour célébrer la messe, se vit tout d’abord refuser l’entrée du couvent et faillit être fusillé. Il n’avait pas été reconnu.

Durant ces jours terribles, Mère et filles ne vécurent que pour les autres, ne dormant que quelques heures - et pas chaque nuit - oubliant de prendre leur nourriture. Insouciantes de leur propre vie, elles l’exposèrent mille fois pour sauver celle des autres. [64]

“On ne tue pas ici”.

En 1848, on se battait ferme dans le quartier de Saint-Médard. Cavagnac envoya dire à Sœur Rosalie que, ne pouvant triompher de l’obstination du faubourg, ils se disposait à le bombarder à boulets rouges. L’aide de camp ajouta “Le général tient à votre disposition une escorte pour vous faire sortir avec vos religieuses si, dans deux heures les insurgés ne se rendent pas. Merci, répondit la Sœur, remerciez le général et dites-lui que nous sommes les servantes des pauvres, et aussi leurs mères et que nous voulons mourir avec eux.

— Votre dévouement est beau, mais pouvez-vous disposer de la vie de vos Sœurs ?

— Je croirais leur faire injure en les consultant, mais puisque vous le désirez…”

Elle ouvrit la porte et proposa la chose. Toutes refusèrent et restèrent à leur poste. Il y eut des moments terribles. Un officier entraînant ses soldats à l’assaut d’une barricade, ne fut pas suivi et tomba seul du côté des insurgés, poursuivi par la meute révolutionnaire hurlant à la mort. Voyant une porte ouverte, il s’y précipita, pénétra dans la cour. Sans le savoir, il était entré chez les Filles de la Charité. La supérieure entendant des vociférations, accourut. L’homme, ne trouvant plus d’issue, s’était plaqué au [69] mur, lorsque la Sœur, le couvrant de son corps, cria

— On ne tue pas ici. C’est la maison de Dieu !

La colère de ces brutes avinées tenait bon.

— Eh bien ! nous le tuerons dans la rue. C’est un ennemi !

Quelques religieuses accourues au secours de leur Mère se voyaient déjà épaulées par les fusils de ces misérables qui visaient le malheureux officier. Quelques secondes de plus, il était tué. Sœur Rosalie eut une illumination. Se jetant à genoux devant les meurtriers :

— Arrêtez, cria-t-elle. Voilà cinquante ans que je vous ai consacré ma vie ; pour tout le bien que je vous ai fait à vous et à vos enfants, je vous demande la vie de cet homme.

La voix de cette femme, dit Melun, faisait trembler quand elle voulait arrêter la violence. Aucun n’eut le courage de lui résister. Un à un, ils s’en allèrent.

Sœur Rosalie fit entrer chez elle l’officier et le ranima.

“Je ne crains que Dieu”.

Le fait se renouvela vers la même époque. La Sœur ayant caché quelques hommes traqués, les insurgés la sommèrent de les leur livrer. Sur son refus, ils la mirent en joue. “Je ne crains [66] que Dieu, cria-t-elle. Donnez-moi la vie de ces hommes”. Les clameurs de ces émeutiers avertirent les malheureux du péril qu’ils couraient. Ils réussirent à s’échapper en escaladant le mur du jardin. Jamais ils n’oublièrent le courage de Sœur Rosalie.

Une autre fois, elle rentra dans son couvent accompagnée d’insurgés qui venaient d’être témoins du massacre de Mgr Affre.

Des deux côtés de la barricade, les hommes étaient ses frères.

“C’est Sœur Rosalie. Laissez-la passer”.

En juillet 1830, la femme du commandant Baccoffe vient en larmes trouver la supérieure :

— Ma Sœur, mon mari a disparu depuis deux jours. Je vous en supplie, aidez-moi à le retrouver, vivant ou mort.
Sœur Rosalie a fort à faire rue de l’Epée-de-Bois avec ses enfants et tous ceux qui momentanément se sont abrités chez elle. Les malades la retiennent, les mourants la réclament. Mais devant une douleur humaine, ce grand cœur se sent ému. Elle s’enquiert de l’endroit où le commandant se battait, se fait donner les indications indispensables et, à la grâce de Dieu ! se met bravement en route dans ces rues d’où la population civile s’est rabattue dans les maisons et où [67] ne circulent que des soldats, les émeutiers, les ambulances. Pendant une partie de la journée, elle court à la recherche de l’officier, questionnant les soldats, se penchant sur les cadavres et les blessés ; passant à travers le feu de l’émeute, apparemment sans frayeur, glissant à travers mille dangers sans recevoir une blessure. Des. insurgés l’arrêtent :

— De grâce, rentrez chez vous.

— Impossible, j’ai un service à rendre.

On veut de force la protéger, la faire rentrer dans quelque maison. Mais l’un de ces hommes la reconnaît :

— C’est la Sœur Rosalie. Laissez-la passer.

Sœur Rosalie est puissante dans sa prière. Dieu lui facilite sa tâche. Dans une rue où l’on s’est particulièrement battu, un monceau humain l’intrigue “S’il était là !” Elle se penche vers ces corps mutilés. Certains seraient-ils encore vivants ? Son regard, douloureusement, se pose sur ces faces ensanglantées. Elle reconnaît le commandant Bacoffe, gravement blessé :

— Vous ici, ma Sœur ? Qui cherchez-vous ?

— Mais vous, mon ami.

Grâce à Sœur Rosalie, le blessé est emporté, soigné et rendu à sa femme. La gratitude de cet homme et de sa famille entourera la Sœur jusqu’à la fin de sa vie. [68]

Après les émeutes.

Paris après les émeutes, c’était encore quelque chose de terrible. Des insurgés avaient fui ou se cachaient dans les taudis, des blessés n’osaient se faire soigner, d’autres mouraient de faim chez eux. Les portes étaient closes. Chaque coin de rue montrait des débris de barricade. Des bandes d’hommes armés parcouraient la capitale, l’atmosphère était pleine de crainte. La justice sévissait et, pour Sœur Rosalie, la justice tout court, c’état presque injustice. Elle excusait toujours. Avant, pendant, après.

Avant : Ils sont si malheureux, si méconnus, si calomniés, si peu aidés.

Pendant : Ce sont des dupes à merci des agitateurs qui ne cherchent que leurs propres intérêts, les font boire et les bercent de belles, promesses. La faim, la peur, ne sont-elles pas mauvaises conseillères ? Des chefs inconnus ont visité leurs maisons, étage par étage, les ont arrachés de chez eux en leur mettant de force un fusil en mains, les menaçant de mort s’ils ne l’utilisaient pas.

Après : Ils ont été trompés. Combien sont morts sans savoir pourquoi ! Combien d’autres [69] sont en prison pour des crimes dont ils ne sont pas responsables ! Et maintenant, voyez leurs femmes, leurs veuves dans la douleur, dans une misère effroyable, ne pouvant arriver à donner du pain à leurs enfants.

Durant les jours qui suivirent une émeute, la religieuse vit arriver chez elle la police :

— Excusez-moi, ma Sœur. Je suis chargé de perquisitionner partout, pour découvrir les détenteurs d’armes. Je viens chez vous pour la forme, je sais bien que vous n’avez pas d’armes.

— Détrompez-vous. J’en ai beaucoup et vous m’obligeriez en les faisant enlever.

Le commissaire, ahuri, n’en croit pas ses oreilles.

La Sœur s’explique :

— Ce sont les armes des insurgés. Sur mes instances, certains ont consenti à me les laisser, mais pas toujours sans mal. Elles sont cachées dans la cave. Suivez-moi. Je vais vous les montrer.

En effet, le commissaire découvre dans ce couvent un monceau d’armes. Émerveillé de l’influence de la Sœur sur les révoltés, il la salue bien bas et la félicite.

De plus grands personnages en firent autant, tel, par exemple, Lamartine, alors député.

Sœur Rosalie ne fut pas cependant toujours en égale réputation d’honorabilité auprès des [70] représentants de la justice. Arracher les armes des émeutiers, abriter des femmes et des enfants, les recueillir, les nourrir, transformer son couvent en ambulance, très bien. Mais sa charité dépassait à leurs yeux les bornes de la prudence et du droit quand, après les mauvais jours, ceux que la justice poursuivait, accouraient, affolés, vers elle :

— Ma Sœur, je suis traqué. Si l’on me trouve, je suis fusillé ou tout au moins déporté. Où fuir ?

Une mère qui voit son fils en danger n’est pas plus angoissée que Sœur Rosalie devant ces malheureux.

— Restez ici, leur disait-elle.

Elle les cachait dans son couvent. La rumeur en parvint jusqu’à la police.

Tout de même, cette religieuse exagérait ! Charitablement, un représentant de l’ordre l’avertit :

— Très dangereux ce que vous faites, ma Sœur. Vous risquez votre vie !

Risquer sa vie I Combien de fois l’avait-elle fait ! Que lui importait, après tout, si elle pouvait mettre à l’abri certaines existences de pères de famille qui lui semblaient plus précieuses que la sienne.

Elle ne tint nul compte du conseil donné.

Le préfet de police, M. Gisquel, une fois au [71] courant, n’hésita pas : il commanda qu’on l’arrêta.

Le commissaire, chargé de cette besogne, objecta aussitôt :

— C’est impossible.

— Pourquoi impossible ?

— Parce que cette religieuse est tellement dévouée dans le quartier que, si vous la menez en prison, cela provoquera une nouvelle émeute. Les malheureux qu’elle aime lui feront un rempart de leur corps.

— Mais, qu’est-ce donc cette femme ?… Je veux la connaître.

Le préfet en personne se présente rue de l’Epée-de-Bois, et avec l’assurance des grands personnages, fonce dans le parloir. Sœur Rosalie qui pansait un malade, continue tranquillement sa besogne en disant au nouvel arrivant (elle ne le connaissait pas) :

— Voudriez-vous attendre quelques instants ? Je ne puis abandonner ce malade.

Le préfet, mécontent, se mêle à la foule de ceux qui, chaque jour, font le siège du parloir de Sœur Rosalie. De ses yeux fureteurs, il regarde ce pauvre monde et, à travers ce pauvre monde, devine ce que la religieuse est pour ces indigents.

Enfin, la Sœur ouvre la porte et introduit le nouveau venu avec la petite phrase habituelle : [72]

— Que désirez-vous, Monsieur ? Quel service puis-je vous rendre ?

— Me rendre service ? C’est plutôt moi qui viens vous en rendre un. Je suis le préfet de police et si j’admire votre dévouement, j’admire beaucoup moins votre indépendance vis-à-vis de la loi. C’est agir contre le pays, ma Sœur, que de soustraire à la justice des hommes qui attentent à la vie des autres.

— Monsieur le Préfet répond tranquillement Sœur Rosalie, mon rôle n’est pas d’aider la justice, mais devenir en aide aux malheureux, à tous les malheureux.

Le préfet est désarçonné. Que répondre à cette femme ingénue :

— Au moins, ma Sœur, je vous en prie de ne plus exercer cette forme de dévouement.

— Monsieur le Préfet, c’est impossible. J’ignore si le cas se représentera, mais je suis Fille de la Charité, je m’efforce de l’exercer envers tous, sans leur demander qui ils sont et ce qu’ils ont fait.

Le préfet s’en alla rêveur… Et Sœur Rosalie continua sans ferme propos et sans repentance.

Tellement sans repentance qu’un beau jour, un commissaire de police se trouva, dans le bureau de Sœur Rosalie, nez à nez devant un rescapé venu la remercier. Le calme de la religieuse donna le change à l’ex-insurgé ; un regard in- [73] telligent lui fit comprendre le péril qu’il courait ; l’ancien émeutier salua et partit… très loin… tandis que Sœur Rosalie, contre son habitude, prolongeait la conversation avec le commissaire. Ceux qui attendaient s’étonnaient. La supérieure était toujours si expéditive. Le commissaire apprit plus tard la farce qu’elle lui avait jouée. Très mécontent, il revint se plaindre. La Sœur, impénitente, répondit : “Que voulez-vous, Monsieur. J’ai fait cela autant pour vous que pour lui. Je lui ai épargné le chagrin d’être pris et à vous la peine de le prendre”.

“Rendez-moi mon papa”.

Sœur Rosalie consolait ces malheureux qui venaient pleurer chez elle.

— Ma Sœur, mon mari est en prison. Obtenez-moi qu’il revienne.

Et Sœur Rosalie courait visiter les prisonniers, entreprenait mille démarches pour eux, utilisait toutes ses influences qui étaient grandes. Elle obtenait ou n’obtenait pas. Toujours elle réconfortait.

— Ma Sœur, je n’ai plus mon gagne-pain. Que vont devenir mes enfants ?

— Donnez-les-moi. Je les nourrirai.

Et elle les recueillait dans son école, déjà pleine, au milieu de ses petits élèves. [74]

L’une de ces enfants était inconsolable. Son père était en prison, sa mère se désespérait. Sœur Rosalie n’avait pu obtenir sa libération, même en s’adressant personnellement au général Cavaignac. Que pouvait-on espérer ? L’invraisemblable arriva. Le général vint remercier la Sœur de son dévouement et de sa bravoure durant l’émeute. Il la trouva en tablier, ligaturant le bras d’une femme pour la saigner :

— Ma bonne Mère, puis-je vous voir un instant ?

— Vous me faites trop d’honneur, mon Général. Me permettez-vous de soigner cette brave femme qui ne veut confier son bras qu’à moi. Je ne m’excuse pas, vous comprenez ces choses, car lorsqu’une armée est sous les armes, vous ne la quittez sous aucun motif.

Cavaignac s’approcha pour regarder travailler la Sœur, mais voyant le sang se répandre dans une cuvette, il pâlit et sortit.
Sœur Rosalie, son office terminé, reçut le général avec respect et se montra touchée de sa reconnaissance. L'
“Angelus” sonnait, elle le pria avec simplicité de le réciter avec elle. Subitement, elle eut une idée lumineuse :

— Général, voulez-vous voir mes enfants ?

Et elle conduisit l’officier dans la classe où les fillettes travaillaient bien sagement. Puis, [75] appelant la plus jeune qui pleurait toujours, elle lui dit :

— Mon enfant, voici un monsieur qui peut rendre la liberté à votre papa.

Cavaignac eut un pli au front.

L’enfant courut vers lui :

— Oh ! Monsieur, je vous en supplie, rendez-moi mon papa. Maman a tant de chagrin. Il est si bon.

— Ma petite fille, s’il est en prison, c’est qu’il le mérite.

— Oh ! Monsieur, je ne sais pas. Mais, en tout cas, il ne le fera plus.

Et joignant ses menottes, elle répétait :

— Monsieur, mon bon Monsieur, rendez-moi mon papa. Et je vous aimerai de tout mon cœur.
La prière de l’innocence triompha des hésitations du général. Quelques jours plus tard, le prisonnier était libéré. [76]


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