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RATIO MISSIONUM |
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RATIO MISSIONUM
Or sus, demandons à Dieu qu'il donne à la Compagnie cet esprit, ce cœur, ce cœur qui nous fasse aller partout, ce cœur du Fils de Dieu, cœur de Notre-Seigneur, cœur de Notre-Seigneur, qui nous dispose à aller comme il irait et comme il serait allé, si sa sagesse éternelle eût jugé à propos de travailler pour la conversion des nations pauvres. (SV XI, 291).
Introduction
Se mettre à la suite du Christ, Évangélisateur des Pauvres (C. 1), c'est le moteur même dissimulé derrière notre vocation missionnaire vincentienne. Ce fut la rencontre inattendue des plus délaissés, dans des endroits comme Folleville et Châtillon qui forcèrent saint Vincent à modifier sa compréhension des Évangiles et l'amenèrent à une relation de plus en plus profonde avec le Christ, le Missionnaire du Père. Aidé par des personnages comme Pierre de Bérulle, François de Sales et André Duval, il devina peu à peu dans quelle direction l'Esprit entendait le voir mener sa vie et parvint graduellement à reconnaître qu'il était appelé à participer à la Mission de Jésus pour évangéliser et servir les pauvres.
Les premiers membres de la Congrégation partagèrent le regard porté par Vincent sur l'Évangile. Inspirés par son exemple et sensibles à la résonance dans leur propre vie de son charisme, ils s'assemblèrent autour de notre Fondateur en vue de réaliser leur vocation de se mettre à la suite de Jésus comme évangélisateurs des pauvres. Vincent leur dit: Nous sommes en cette vocation fort conformes à Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, ce semble, avait fait son principal, en venant au monde, d'assister les pauvres et d'en prendre le soin. (SV XI, 108).
Alors que le charisme de base de la Congrégation de la Mission était parfaitement clair dès les premiers jours de sa fondation, les structures et les ministères qui découlèrent de l'inspiration originale de Vincent ne se développèrent que lentement. Les événements, les besoins urgents et les sollicitations pressantes mirent constamment les premiers Vincentiens au défi d'élargir leur manière de comprendre comment il leur faudrait vivre leur vocation. Le groupe des missionnaires qui furent les pionniers en cette matière exprimèrent leur charisme sous la forme de missions populaires prêchées dans la campagne. Au bout de très peu d'années ils eurent à assumer le travail de formation du clergé. Puis graduellement, les missionnaires débordèrent les frontières de la France pour aller au secours des Églises locales de l'Italie, de l'Irlande, de l'Ecosse et de la Pologne, et jusqu'aux petits groupes d'esclaves chrétiens d'Afrique du Nord. En 1648 Vincent, reconnaissant que les missions ad gentes représentaient une autre façon très importante de vivre notre vocation missionnaire, envoya le premier de six groupes à Madagascar.
Vincent a fréquemment réfléchi sur ces développements, dans ses conférences et dans ses lettres dans lesquelles on peut noter un progrès dans son appréciation de la place des missions étrangères dans la vie de la Compagnie. Qu'heureuse, ô qu'heureuse, leur disait-il, est la condition du missionnaire qui n'a point d'autres bornes de ses missions et de ses travaux pour Jésus-Christ que toute la terre habitable! Pourquoi donc restreindre à un point et nous prescrire des limites, puisque Dieu nous a donné une telle étendue pour exercer notre zèle? Dans une autre occasion il fait la remarque suivante: Que veut dire missionnaire? C'est à dire envoyé. Oui, mes frères, missionnaire veut dire envoyé de Dieu, et c'est à vous que Notre-Seigneur a dit: Allez dans le monde entier et prêchez l'Évangile à toute créature (SV XII, 27). À un groupe de missionnaires envoyés à Madagascar, il affirme: Selon les règles de notre Institut, nous sommes obligés de travailler au salut des âmes là où Dieu nous appellera, et par-dessus tout, dans les endroits où le besoin est plus grand et où les ouvriers de l'Évangile font défaut et, sachant qu'aux Indes, spécialement dans les îles de Madagascar... on manque beaucoup d'ouvriers alors que la moisson est abondante... nous vous destinons et envoyons à ces gens sur lesdites îles et autres endroits des Indes pour que, selon la fonction de notre Institut, vous puissiez vous dévouer au salut des âmes de toutes vos forces et avec l'aide de la grâce de Dieu (SV XIII, 314).
Dans un moment d'enthousiasme, Vincent exprima à Charles Nacquart sa grande estime pour les missions à l'étranger: il n'y a condition que je souhaitasse plus sur la terre, s'il m'était loisible, que celle de vous aller servir de compagnon à la place de M. Gondrée (SV III, 285). Vers la fin de sa vie, en décembre 1658, il lança un appel passionné en faveur d'un maintien des ministères qui s'étaient développés dans la Congrégation, spécialement en faveur des missions à l'étranger. Ses arguments pour les défendre consistaient à souligner qu'elles répondaient à notre vocation fondamentale, celle d'évangéliser les pauvres. Il mit ses confrères en garde contre la tentation de ceux qui chercheraient à négliger ou à abandonner les missions difficiles à cause de la distance, du manque de personnel, d'une perte de l'esprit missionnaire. Il y aura, disait-il, des gens mitonnés, des gens qui n'ont qu'une petite périphérie, qui bornent leur vue et leurs desseins à certaine circonférence où ils s'enferment comme en un point ; ils ne veulent sortir de là. (SV XII, 92). Au cours des siècles la Congrégation de la Mission s'est efforcée de rester fidèle à l'héritage que St. Vincent nous a laissé sur les missions étrangères. En vue de répondre aux demandes des Églises locales et de la Congrégation pour la Propagation de la Foi, des missionnaires sont partis pour l'Asie, l'Océanie, l'Afrique et les Amériques. Sous l'inspiration du charisme Vincentien, des confrères célèbres, tels Sts Justin de Jacobis, Jean Gabriel Perboyre et François Régis Clet, et bien d'autres missionnaires moins connus ont consacré leur vie à prêcher l'Évangile dans des pays de cultures nouvelles. Le même charisme missionnaire Vincentien est encore vivant dans le cœur des membres de la Congrégation de la Mission en ce début du XXIe siècle. Cette “Ratio Missionum” a pour but d'offrir des conseils destinés à aider ceux qui sont appelés à servir dans les missions à l'étranger. Ils ont été rédigés à la lumière des nombreux changements survenus dans l'Église et dans le Monde au cours des années récentes.
I. La Situation PrÉsente: un Monde nouveau et différent
Un nouveau monde est en train de naître. Il n'a pas encore revêtu sa forme définitive car il est en train de lutter pour émerger de la masse des restes d'un âge précédent. Comme cela se passe pour toutes les sociétés humaines, ce nouveau monde comporte des éléments positifs et des éléments négatifs, des valeurs et des contre-valeurs. C'est dans ce milieu que les missionnaires d'aujourd'hui sont appelés à porter la Bonne Nouvelle. Voici quelques-uns des aspects de ce futur en train de naître:
1.1La réalité de la pauvreté et l'aspiration à la justice
Une nouvelle situation économique se développe sous nos yeux, Elle est due aux avancées technologiques, à des communications rapides, à la mise en œuvre de nouveaux moyens de production, à des accords commerciaux, et à bien d'autres facteurs. La mondialisation de l'économie affecte toutes les sociétés et continuera à le faire dans le futur prévisible. Ces changements ont créé, en faveur de quelques pays et de petits groupes d'habitants dans beaucoup de nations, une richesse sans précédents.
Mais, pour de larges secteurs du monde, cette nouvelle situation économique ne s'est pas concrétisée en gains positifs. Plus d'une économie nationale s'est tellement endettée qu'elle est devenue insolvable. Des pays entiers sont restés en arrière dans la course à la mondialisation parce qu'ils manquent soit des matières premières soit des produits agricoles et industriels recherchés dans les marchés internationaux. Pratiquement, ce qu'on appelle l'économie libre de marché est dominée par les pays riches qui contrôlent l'accès au marché, ainsi que le capital et la technologie nécessaires pour y participer.
Les deux tiers du monde vivent encore dans la pauvreté. Chaque jour vingt-huit mille personnes meurent de faim, sans mentionner les millions de gens chroniquement dénutris. Des pourcentages incroyables de la population de certains pays sont infectés par le virus du Sida, de la malaria, et d'autres maladies mortelles. La plus grande partie du monde est encore dans l'incapacité de bénéficier de soins médicaux, d'une éducation, d'eau potable ou bien se trouve privée des moyens de satisfaire ces besoins et tant d'autres besoins humains de base. Cette description nécessairement très générale recouvre des personnes réelles et des familles qui souffrent.
Au milieu de ce tableau plutôt décourageant on découvre quelques signes d'espoir. On a pris une plus grande conscience, au moins en théorie, de la valeur de la personne humaine. C'est dans cet effort pour favoriser le respect de la valeur de la personne humaine que s'est incarné un des combats les plus importants de notre époque. Dans presque tous les pays, il s'est formé des groupes en vue de promouvoir et de protéger les droits humains, les libertés civiles et la participation de tous en matière de politique. Des individus, de petits groupes et des peuples entiers s'efforcent de créer les structures économiques et politiques justes qui permettront le développement de la personne humaine. Tous ces détails sont des signes annonçant un nouveau monde en train d'émerger.
1.2Réaffirmation de la diversité culturelle
L'anthropologie et la sociologie ont souligné l'importance de la culture dans la vie des individus et des communautés. La culture fournit le contexte au sein duquel les êtres humains comprennent le monde et s'y insèrent. C'est un système de modèles hérités du passé et fournissant des significations et des comportements capables d'orienter un groupe ou une société. Cela implique des symboles, des mythes, des croyances, des règles de conduite qui se transmettent formellement ou informellement dans une société. C'est la culture qui définit la façon d'apprendre, de vivre et d'agir en relation avec les autres.
Un des résultats valables de la disparition du vieux système colonial c'est que les peuples récemment libérés ont exigé le respect de leurs cultures. Une des conséquences de cet événement a été une prise de conscience de la diversité des cultures et de la signification de cette diversité. Le droit de tout peuple à développer sa propre culture n'est venu à la conscience de la majorité des hommes que récemment. Cette prise de conscience a été à l'origine de nouvelles possibilités de relations respectueuses et sensitives entre peuples de cultures différentes. Ce n'est pas sans difficultés et sans échecs que l'affirmation de la diversité culturelle a réussi à émerger. Toutes les cultures entrent en interaction dès que des populations venues de sociétés différentes se rencontrent. Les visions différentes de la réalité, et ¯ encore plus ¯ des intérêts, sont la cause de nombreuses incompréhensions et de fréquents conflits, tant entre personnes individuelles qu'entre peuples. Ce n'est pas tout le monde qui accepte de reconnaître aux autres le droit de développer leur propre culture. Un tel refus a abouti à la marginalisation de certaines cultures et à la domination de certaines autres.
1.3Renouveau religieux
Dans plusieurs parties du monde, une culture postmoderne est en train de naître ou même existe déjà, souvent en réaction contre les promesses actuelles non tenues d'un progrès, d'une égalité, d'une insertion. Cette nouvelle culture met en question les prétentions de la société contemporaine et la confiance que celle-ci met en la rationalité humaine. Elle prêche l'individualisme. Elle se sent mal à l'aise dans les structures établies. Elle se méfie des promesses des gens au pouvoir, que ce soit dans le civil ou dans le religieux. Elle provoque un désintérêt pour les processus traditionnels aux niveaux social, politique et religieux.
Toutefois, bien que le post-modernisme, le sécularisme et l'individualisme aient eu une influence sur la religiosité de nombreuses populations à travers le monde, il est parallèlement évident que dans beaucoup de pays on assiste à un regain religieux. Les riches liturgies africaines, la focalisation de l'attention sur le dialogue inter-religieux et la prière contemplative en Asie, la naissance des Communautés Ecclésiales de Base et des mouvements en vue de promouvoir la libération des pauvres d'Amérique Latine, la naissance de nouvelles communautés religieuses en Europe, et la croissance du rôle ministériel actif des laïcs en Amérique du Nord témoignent de cette tendance au sein de l'Église Catholique. La croissance rapide du nombre de Chrétiens Evangéliques est, elle aussi, le signe d'une soif d'expression religieuse. La résurgence de l'Islam, l'expansion du Bouddhisme et un intérêt renouvelé pour l'Hindouisme sont, également, des manifestations d'un nouvel intérêt religieux. Très fréquemment, ce renouveau religieux a revêtu la forme du fondamentalisme, mais cependant, cet événement attire l'attention sur une recherche du sens et un désir d'une union plus profonde avec le Divin.
Ce renouveau religieux a eu une profonde influence sur les missionnaires. Dans certains cas, il a provoqué des tensions et des divisions. Mais il a été aussi une occasion de réflexion et de maturation. Il a rendu possible une réflexion approfondie sur les valeurs présentes dans les autres religions, et il a rappelé le besoin croissant d'un dialogue inter-religieux. Cela a évidemment soulevé des questions sur la nature de l'évangélisation et sur le rôle des missionnaires.
1.4Des Réalités régionales différentes
1.4.1L'Hémisphère Sud (Afrique et Amérique Latine)
Les pays de l'Hémisphère Sud en Afrique et en Amérique Latine ont en commun un certain nombre de caractéristiques et ont fréquemment été classés dans le Tiers Monde. Tout le monde sait que ces deux continents ont eu un passé colonial. Ils ont aussi en commun de souffrir d'une grande pauvreté dans de larges secteurs de la population à cause de facteurs sociaux, économiques et politiques qui sont souvent le fruit de structures injustes. Dans ces deux continents les gouvernements ont fréquemment été instables et corrompus.
L'Amérique Latine est un continent dont la culture a été fortement influencée par l'Église Catholique, bien que, au cours des décennies récentes, les "Chrétiens Evangéliques" y aient fortement fait sentir leur présence. L'Église Catholique a consenti de grands efforts, non sans conflits, pour éliminer la disparité entre les riches et les pauvres. Elle a lutté pour incarner et concrétiser son option fondamentale en faveur des pauvres.
En Afrique l'Église est dynamique et forte, mais en même temps elle se voit mise au défi par des sectes fondamentalistes et par la croissance de l'Islam. Dans certains pays, de larges portions de la population appartiennent aux religions traditionnelles. De violents conflits, internationaux et régionaux, la progression du SIDA et de la malaria et de monstrueux niveaux de pauvreté continuent à affliger le continent.
1.4.2Asie et Océanie
Il arrive que l'on classe l'Asie parmi les pays du Sud parce que certaines nations ont le même niveau économique et les mêmes difficultés politiques que l'Afrique et l'Amérique Latine. Toutefois, de bien des manières, la situation de l'Asie et de l'Océanie est unique. Les anciennes grandes religions de l'Asie dominent l'horizon social et culturel. Les Catholiques sont une petite minorité, sauf dans quelques rares endroits comme les Philippines, le Liban, le Kerala, Timor, et les Tamils. Se trouvant en situation minoritaire dans un monde de cultures et de religions variées d'une part, un monde où la pauvreté revêt d'innombrables aspects d'autre part, l'Église est mise au défi de travailler à la promotion de la dignité de la personne humaine en tant que condition de base pour fonder cette notion de bien-être commun des populations. L'Église d'Asie s'efforce de bâtir une communauté humaine accueillante aux personnes de toutes les religions, de tous les groupes ethniques et socio-économiques. En certains endroits, comme le Vietnam et la Chine, une Église vivante survit, en dépit des nombreuses restrictions en matière de liberté.
1.4.3L'Hémisphère Nord (Europe et Amérique du Nord)
Les pays de l'Atlantique Nord, souvent nommés le Premier Monde, dominent l'économie mondiale par leur richesse, leurs avancées technologiques et leurs ressources militaires. En dépit d'une prospérité croissante, l'abîme entre riches et pauvres ne cesse de s'y creuser parallèlement. Tandis que la liberté et la dignité humaine y sont grandement estimées, l'individualisme, la dépersonnalisation, le consumérisme et la sécularisation y sont tous aussi présents.
L'Europe est une vaste région, s'étendant de l'Atlantique à l'Oural. Côte à côte avec les pays très développés de l'Ouest, elle inclut aussi les pays membres de l'ex bloc Soviétique de l'Europe de l'Est. Ces derniers pays ont leurs propres difficultés sociales, politiques et économiques, partiellement héritées de leur passé Communiste et partiellement créées par la récente interaction avec une économie de libre marché.
Pendant des siècles, l'Europe a envoyé des missionnaires à travers le monde. Aujourd'hui les missionnaires de ce type se font rares et le continent qui a été séculairement le cœur de la Chrétienté est maintenant considéré comme ayant bien besoin d'une nouvelle évangélisation.
Au cours du dernier siècle, l'Amérique du Nord a, elle aussi, envoyé de nombreux missionnaires à l'étranger. Mais de nos jours l'Église d'Amérique du Nord se trouve à un stage différent de développement et, bien que la pratique religieuse y demeure forte, l'Église là-bas commence à ressentir des difficultés semblables à celles de l'Europe.
Les Églises de l'Hémisphère Nord sont confrontées au défi que représente la prédication de l'Évangile au milieu du poids de la richesse et d'une influence globale. Une partie du défi consiste à trouver des moyens de mettre l'argent, le pouvoir et la technologie au service d'une société juste.
II. Un Nouveau Paradigme Missionnaire
Le Concile Vatican II a eu une profonde influence sur la façon dont l'Église perçoit aujourd'hui sa mission dans le monde. Les Pères du Concile, tout particulièrement dans les documents Lumen Gentium, Gaudium et Spes et Ad Gentes, ont ouvert à l'Église de nouvelles directions et poussé à développer un nouveau modèle pour la mission. Le nouveau paradigme de la mission, encore en voie de mise au point et de développement, envisage l'Église comme une communion d'Églises locales unies à Rome, chacune préoccupée de rendre service aux autres. Vu dans cette perspective, l'effort missionnaire devient multidirectionnel. Plutôt que d'envisager des Églises établies préoccupées d'envoyer du personnel à ce qu'on nomme aujourd'hui les jeunes Églises, le nouveau paradigme considère les multiples contextes pour l'évangélisation. L'évangélisation est désormais vue comme commençant dès qu'un missionnaire quitte sa propre culture et entreprend de traverser une frontière humaine (que celle-ci soit géographique ou sociale) en vue d'annoncer l'Évangile au sein d'une nouvelle culture. Le missionnaire non seulement proclame le mystère du Christ mais est lui-même évangélisé par le fait même qu'il accompagne d'autres personnes dans leur processus de découverte de l'Esprit du Seigneur agissant déjà dans une Église ou une culture locale.
Parmi les éléments présents dans le nouveau paradigme missionnaire, quatre méritent d'être soulignés:
2.1Évangélisation
L'Encyclique Evangelii Nuntiandi (EN 27) décrit le contenu de l'évangélisation de la manière suivante: “L'Evangélisation contiendra aussi toujours - base, centre et sommet à la fois de son dynamisme - une claire proclamation que, en Jésus-Christ, le Fils de Dieu fait homme, mort et ressuscité, le salut est offert à tout homme, comme don de grâce et miséricorde de Dieu... un salut qui a certes son commencement en cette vie mais qui s'accomplit dans l'éternité.” Redemptoris Missio (RM 11) ajoute: « Nous savons que Jésus est venu apporter le salut intégral qui saisit tout l'homme et tous les hommes, en les ouvrant à la perspective merveilleuse de la filiation divine.” Le même document, s'arrêtant sur l'activité missionnaire de l'Église, affirme (RM 44): “L'annonce a, en permanence, la priorité de la mission… Toutes les formes de l'activité missionnaire tendent à cette proclamation qui révèle le mystère caché depuis les siècles et dévoilé dans le Christ (cf. Eph 3, 3-9; Col 1, 25-29), mystère qui est au cœur de la mission et de la vie de l'Église, qui forme le pivot de toute l'évangélisation ».
Jésus a annoncé la venue du royaume de Dieu. L'Esprit du Seigneur est sur moi parce qu'il m'a conféré l'onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres. II m'a envoyé proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année d'accueil par le Seigneur. (Lc 4:18-19). La Bonne Nouvelle qu'il a prêchée, c'était la présence de ce Royaume en sa personne et en son ministère, et elle s'adressait à la personne humaine à tous ses niveaux pour que nous devenions une nouvelle création. Paul VI a écrit dans Evangelii Nuntiandi (EN 9): Comme noyau et centre de sa Bonne Nouvelle, le Christ annonce le salut, ce grand don de Dieu qui est libération de tout ce qui opprime l'homme, mais qui est surtout libération du péché et du Malin… Ce Royaume, le règne de Dieu dans nos vies, transforme le monde par la vérité, la liberté, l'amour, la justice et le pardon, et il dirige nos regards vers un futur qui n'est pas encore là.
L'Église, la communauté des disciples de Jésus, poursuit sa mission évangélisatrice. L'Église ne se confond pas avec le Royaume, mais ne peut pas en être séparée. L'Église est... au service du Royaume (RM 20). Elle proclame la Bonne Nouvelle du Royaume en paroles et en actes, exactement comme fit Jésus. Le but de cette proclamation c'est que les gens puissent rencontrer le Christ. Et grâce à cette rencontre arriver à la plénitude de la vie.
La proclamation du Royaume implique la communication. La Bonne Nouvelle peut être communiquée de bien des façons, comme Paul VI l'a souligné dans Evangelii Nuntiandi. Un moyen fréquent, c'est la communication verbale - la prédication, la catéchèse, les œuvres éducatives, le partage de l'Écriture Sainte, la réflexion théologique. Les médias modernes nous fournissent une grande variété d'instruments - la radio, la télévision, Internet, les livres, les journaux, les magazines.
Mais la proclamation se fait aussi par des voies non-verbales. Sacrements et sacramentaux jouent un rôle essentiel. Les arts (peinture, sculpture, musique, danse, films, théâtre, et architecture) sont d'autres voies par lesquelles peut passer la communication du message de Jésus.
L'homme contemporain croit plus les témoins que les maîtres, l'expérience que la doctrine, la vie et les faits que les théories (RM 42). L'Évangélisation, un processus qui commence par la proclamation, inaugure un genre de vie dans lequel les valeurs de l'Évangile sont mises en pratique. Le message prêché devient un message vécu, un mode de vie témoignant en faveur de la Bonne Nouvelle. Les méthodes pour transformer l'Évangile en action Chrétienne sont illimitées. Œuvres de charité, lutte pour la justice, promotion des droits de l'homme, fondation de communautés, projets en faveur du développement humain sont quelques-unes de ces possibilités.
Redemptoris Missio envisage trois situations possibles pour réaliser la mission évangélisatrice de l'Église. La première, c'est ce que l'on a appelé les missions ad gentes. À parler strictement, les missions ad gentes sont celles dans lesquelles l'Évangile est prêché à des gens qui n'en ont jamais entendu parler. C'est ce qu'on appelle parfois la première évangélisation. La deuxième situation est celle des régions où la communauté chrétienne est déjà établie, mais a besoin d'être fortifiée. Le dernier cas est celui des populations qui jouissent d'une longue tradition chrétienne, mais au milieu desquelles vivent des groupes qui n'ont jamais encore été efficacement confrontés à la Bonne Nouvelle. Dans ce troisième contexte, le Pape Jean Paul II mentionne le besoin d'une nouvelle évangélisation: nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes et dans son expression. L'Encyclique Redemptoris Missio, dans sa description de ces trois situations différentes, souligne aussi que, pratiquement, il est souvent difficile de maintenir ces distinctions claires.
2.2L'Inculturation
L'intérêt porté à la culture et à l'inculturation de l'Évangile est une priorité importante aux yeux de l'Église. Le Pape Paul VI affirme dans Evangelii Nuntiandi (EN 20): La rupture entre Évangile et culture est sans doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d'autres époques. La culture est le contexte à travers lequel les gens comprennent le monde. Cela inclut tout un spectre d'idées, de croyances, de symboles et de valeurs partagées par les gens. Tout ce que l'on a appris, y compris le message de l'Évangile, est affecté par cette culture. Il est impossible qu'un peuple soit vraiment évangélisé à moins que ce ne soit dans le contexte de sa culture.
Le monde moderne a pris conscience de la diversité culturelle. Les cultures ne sont pas des entités statiques, isolées. Elles changent et se développent. Toutes les cultures possèdent des valeurs et des contre-valeurs. Les cultures sont constamment en contact les unes avec les autres. Ces rencontres peuvent être mutuellement enrichissantes, mais elles peuvent aussi prendre des formes conflictuelles.
La réalité du pluralisme culturel a influencé le nouveau paradigme missionnaire. Vatican II a affirmé que:
L'Église, envoyée à tous les peuples de tous les temps et de tous les lieux, n'est liée d'une manière exclusive et indissoluble à aucune race ou nation, à aucun genre de vie particulier, à aucune coutume ancienne ou récente. Constamment fidèle à sa propre tradition et tout à la fois consciente de l'universalité de sa mission, elle peut entrer en communion avec les diverses civilisations: d'où l'enrichissement qui en résulte pour elle-même et pour les différentes cultures (Gaudium et Spes, 58).
La difficulté pour les missionnaires, c'est que, bien que l'Évangile ne soit identifié à aucune culture particulière, il est toujours communiqué par le truchement de la culture. L'évangélisation missionnaire, par conséquent, implique toujours une rencontre de cultures. Il est arrivé que des missionnaires aient confondu la Bonne Nouvelle de Jésus avec la manière dont leur propre culture avait incarné le message de Jésus. Ils ont imposé leur propre culture en même temps que l'Évangile.
Le paradigme missionnaire d'aujourd'hui souligne l'importance d'une communication de l'Évangile passant par le langage de la culture locale. Le Pape Paul VI l'exprimait comme suit: Il importe d'évangéliser - non pas de façon décorative, comme à travers un vernis superficiel, mais de façon vitale, en profondeur et jusque dans leurs racines - la culture et les cultures de l'homme, dans le sens riche et large que ces termes ont dans Gaudium et Spes, partant toujours de la personne et revenant toujours aux rapports des personnes entre elles et avec Dieu. (EN 20). De cette façon l'Évangile imprègne la culture et s'incarne en elle. Cela crée un dynamisme qui permet à la parole de Dieu de transformer la culture en promouvant des valeurs déjà présentes en elle, tout en mettant en question ce qui n'est pas de Dieu dans cette culture et ce qui viole la personne humaine.
Le missionnaire ne franchit pas que des frontières géographiques; il franchit aussi des frontières culturelles pour annoncer l'Évangile de Jésus Christ. L'inculturation de l'Évangile ne consiste pas uniquement en une traduction de propositions théologiques dans une langue différente, comme si la Bonne Nouvelle n'était rien de plus qu'un ramassis d'idées à apprendre par cœur. C'est une communication du message du Royaume en paroles et en actions, faite de telle sorte que les gens puissent rencontrer la personne du Christ et devenir ses disciples.
Les missionnaires, tout en demeurant fidèles au message de l'Évangile, doivent aussi s'efforcer de découvrir les germes du Verbe dans la culture locale. L'inculturation est un processus long et difficile. Elle exige étude et réflexion. Elle demande le dialogue, le respect et l'humilité. Elle implique que l'on ait pris conscience lucidement des valeurs de sa propre culture, des réponses données et des préjugés acquis, avec - en plus - une bonne compréhension du contexte local. La rencontre entre cultures qui accompagne toute évangélisation peut être mutuellement enrichissante, mais cela, uniquement si le dialogue est entrepris dans une atmosphère de respect, d'ouverture et de délicatesse.
2.3Une Église polycentrique
Une conséquence logique d'une inculturation de l'Évangile est la reconnaissance qu'il existe plusieurs manières de vivre sa foi en Jésus. L'Encyclique Evangelii Nuntiandi le souligne: L'Église universelle s'incarne de fait dans les Églises particulières constituées, elles, de telle ou telle portion d'humanité concrète, parlant telle langue, tributaire d'un héritage culturel, d'une vision du monde, d'un passé historique, d'un substrat humain déterminé. L'ouverture aux richesses de l'Église particulière répond à une sensibilité spéciale de l'homme contemporain (EN 62).
L'alternative, nous voulons dire: une approche centrée sur la culture occidentale ou sur toute autre culture particulière, rendra impossible l'accomplissement de la mission évangélisatrice de l'Église.
Le nouveau paradigme missionnaire met sur les épaules des Églises locales une grande responsabilité en matière d'évangélisation. La plus grande part de l'initiative et de la créativité, lorsqu'il s'agit de trouver les meilleures façons d'inculturer l'Évangile et la pratique de la foi doivent venir des communautés chrétiennes locales. Le paradigme envisage une communion d'Églises locales se soutenant l'une l'autre, comme égales, grâce à un partage des préoccupations et une réponse à leurs besoins mutuels. Le flux des missionnaires ne se dirige donc pas du Nord au Sud: il est multidirectionnel.
L'Église polycentrique vit au sein d'une communion grâce à sa foi en la personne de Jésus, aux liens de charité qui unit ses membres entre eux, et grâce enfin à une structure ecclésiale unifiante - le collège des évêques, en union avec Pierre, qui continue le ministère enseignant, gouvernant et sanctifiant de Jésus. L'Église Catholique est à la fois une et universelle. Elle est un signe d'unité dans la diversité. Le Pape Paul VI affirmait dans Evangelii Nuntiandi:
Gardons-nous bien de concevoir l'Église universelle comme la somme, ou, si l'on peut dire, la fédération plus ou moins hétéroclite d'Églises particulières essentiellement diverses. Dans la pensée du Seigneur c'est l'Église, universelle par vocation et par mission, qui, jetant ses racines dans la variété des terrains culturels, sociaux, humains, prend dans chaque portion du monde des visages, des expressions extérieures diverses. (EN 62).
Le rôle du Collège des évêques, en union avec l'évêque de Rome, est de promouvoir l'unité de l'Église, mais une unité dans la diversité. La concrétisation de la manière dont cette diversité prend forme dans la liturgie, dans la loi et la pratique, exige beaucoup de dialogue entre les Églises locales et le Saint Siège. C'est un défi perpétuel pour l'Église Catholique en tant qu'Église missionnaire.
2.4Le Respect des autres religions et l'œcuménisme
Dans chaque pays, l'Église Catholique rencontre des gens qui sont membres de communions ecclésiales ou de religions différentes. Or le dialogue Inter-religieux fait partie de la mission évangélisatrice de l'Église (RM 55). Du fait que l'Église elle-même est invitée à une conversion continuelle, elle accepte de bon gré le dialogue avec les hommes et les femmes appartenant à des fois différentes. Le dialogue n'est pas la conséquence d'une stratégie ou d'un intérêt (RM 56). Il est une conséquence du respect de l'Église pour la liberté humaine. Le partage avec des personnes qui se réclament d'une foi différente de la nôtre peut être source d'enrichissement mutuel. Il peut être l'occasion, pour les deux parties, d'une meilleure saisie de l'activité de Dieu dans le monde et créer ainsi une nouvelle sensibilité aux diverses expériences de la vie.
Cet enrichissement mutuel est le fruit du respect, de l'effort de compréhension et d'une recherche commune de la vérité. Les missionnaires doivent se rappeler que la vérité réside aussi au-delà des frontières de l`Église Catholique. Les autres religions enracinées plus profondément dans un pays ont souvent une meilleure saisie que nous des cultures locales. À partir de la sagesse des religions différentes nous pouvons beaucoup apprendre et par-là fortifier notre foi Chrétienne en nous rendant compte de ce que la présence de Dieu peut revêtir des formes auxquelles nous n'avions jamais pensé.
Le dialogue inter-religieux n'implique pas que nous abandonnions la mission évangélisatrice de l'Église. La fidélité à sa propre identité est un facteur essentiel de tout dialogue sincère. Tout en engageant au dialogue, le Saint Père met en garde contre une relativisation de la Personne du Christ et de son message. Les Chrétiens ne peuvent pas parler de l'action de Dieu dans l'histoire et dans le monde sans faire référence au Christ. Le dialogue permettra de découvrir des domaines où il est possible de s'accorder et de partager mutuellement nos préoccupations. Il nous ouvrira aussi à des points de divergence et de désaccord.
Les missionnaires dans cette démarche de dialogue, doivent toujours se appeler que l'Église propose, qu'elle n'impose rien (RM 39). La fidélité au Christ et à l'Évangile ne comporte aucune sorte d'intransigeance à l'égard des autres types de foi. Bien au contraire, le témoignage du Chrétien implique l'amour, le respect et la liberté.
III. Notre RÉponse PrÉsente en tant que Fils de Saint Vincent
3.1La collaboration des missions déjà établies par des Provinces avec l'Église Locale Le nouveau contexte de l'évangélisation et le nouveau paradigme missionnaire décrit plus haut exigent une réponse renouvelée de notre part en tant que membres de la Congrégation de la Mission.
Au cours de notre histoire, de nombreuses provinces de la Congrégation ont répondu à l'appel de l'Église demandant d'envoyer des missionnaires dans les régions où l'Évangile n'avait pas encore été prêché. En collaboration avec des membres d'autres congrégations missionnaires, nos confrères ont aidé à fonder l'Église locale dans plusieurs parties du monde. Certaines provinces ont une longue histoire relatant l'aide apportée à des Églises locales déjà constituées par l'envoi de missionnaires et par une assistance matérielle.
Bien qu'il existe aujourd'hui des Églises locales dans presque toutes les parties du globe, beaucoup d'entre elles ont encore un grand besoin de personnel, de finances et du soutien professionnel d'experts étrangers. Le dialogue entre les provinces soutenant des missions et les Églises locales en matière de besoins à satisfaire et de notre capacité de leur répondre est permanent.
Les Supérieurs Généraux ont eu plus d'une fois recours à nos provinces et à nos confrères pour leur demander de répondre aux appels missionnaires. Beaucoup d'entre nous ont su répondre avec générosité.
Pour répondre aux sollicitations de diverses hiérarchies locales, au cours des années récentes, le Supérieur Général a établi des équipes missionnaires internationales en Albanie, au Rwanda, au Burundi, en Ukraine, en Russie, en Bolivie, aux Iles Salomon et en Tanzanie. Des volontaires ont été aussi envoyés aux provinces missionnaires établies en Chine, en Ethiopie, au Mozambique et à Cuba. Du fait que, à ce moment de notre histoire, les provinces individuelles étaient incapables de répondre à ces appels, l'organisation d'équipes missionnaires internationales a été providentielle. Non seulement elles ont aidé les Églises locales, mais encore elles ont été une source de bénédictions pour la Congrégation elle-même. Ces nouvelles missions internationales nous ont permis de nous sentir partie prenante d'une communauté mondiale d'une manière plus profonde et nouvelle. Dans de nombreuses provinces les missions internationales ont allumé un nouvel intérêt pour les missions à l'étranger. Les membres des équipes internationales ont donné un témoignage éloquent de l'universalité de l'Église et de la possibilité de bâtir des communautés fraternelles débordant les frontières culturelles.
Certains parmi les confrères engagés dans les équipes missionnaires internationales sont devenus membres de plein droit dans des provinces établies. Certains autres appartiennent à des équipes dépendant directement de la Curie Générale ou d'une province particulière. Les missions en Ukraine, en Russie et en Biélorussie sont devenues une vice-province. La mission d'Albanie est maintenant sous la responsabilité de la Province de Naples, avec l'aide des autres provinces d'Italie. La mission en Tanzanie est maintenant sous la responsabilité de la Province de l'Inde du Sud. Le but poursuivi est de faire en sorte que les missions internationales s'enracinent et deviennent partie d'une province particulière. Ce qui n'élimine pas, toutefois, le besoin de structures internationales qui capitaliseront la nouvelle énergie déclenchée par les nouvelles missions internationales.
3.3Organisation de nos Missions
Une saine organisation est indispensable pour que nos missions deviennent efficaces. Cela exige un dur labeur et la formulation de critères spécifiques. De tels critères ne sont pas seulement nécessaires aux nouvelles missions, ils peuvent être utiles aussi à des missions plus anciennes, déjà établies:
3.3.1Critères pour accepter et évaluer une Mission
Les Églises locales ont beaucoup de besoins, et des besoins variés. En tant que membres de la Congrégation de la Mission, nous cherchons à répondre à ces besoins dans un esprit de fidélité au charisme Vincentien d'évangélisation des pauvres. C'est là le premier critère pour accepter ou refuser les missions qui nous sont proposées par les évêques. L'article 12 de nos Constitutions exprime très clairement quelques autres critères dont il nous faudra tenir aussi compte:
Lorsqu'il s'agit de l'acceptation d'une mission, le dialogue avec l'ordinaire local est indispensable, puisqu'il est le chef de l'Église locale. Dès le point de départ des discussions, il convient de se mettre d'accord sur un contrat qui sera signé. Ce contrat devra exprimer clairement les souhaits, les droits et les responsabilités de toutes les parties aussi concrètement et spécifiquement que possible. Cette façon de faire aidera à éviter les malentendus et fournira aussi des directives claires concernant la vie et le ministère de la mission.
3.3.2Le caractère d'une Mission Vincentienne
Nos Constitutions, tout en présentant des critères généraux bien clairs de ce que devrait être une mission Vincentienne, laissent suffisamment de place à la créativité en ce qui concerne le développement des ministères spécifiques au service des pauvres de la mission. Une mission typiquement Vincentienne devrait se caractériser par:
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